C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
L’autre soir, j’ai passé la soirée avec, entre autre, larouquine. Durant nos conversations, voilà qu’on lance un grand débat : doit-on dire à sa meilleure amie qu’elle est cocue. Donc avant d’aller plus loin dans mon article, je tiens à préciser à nos meilleures amies respectives si elles lisent cet article qu’on parlait dans l’absolu et non pas rapport à une situation existante. Autrement dit : pas de panique, les filles, zêtes pas cocues.
Bon, faisons une petite mise en situation. Oui, je sais que tu aimes ça, lecteur et moi aussi, alors on y va gaiement. Donc voilà, prenons une meilleure amie type que nous appellerons Charlotte. Et notre amie Charlotte sort avec Etienne, qu’elle aime très fort et qu’elle veut même vivre avec lui et lui faire des bébés. Bref, le big love quoi. Un soir, vous allez au bar avec Paolo, votre voisin buonito qui vous a enfin adressé la parole et qui veut visiter votre culotte (oui, quitte à faire des mises en situation, autant se faire plaisir). Et là, qui voyez vous à une table pas loin en train de lécher la pilule à une fille même pas belle ? Etienne. Et la fille même pas belle, c’est pas Charlotte. Argh que faire ? Que faire ? Dans le moment présent, deux solutions :
- aller saluer Etienne histoire de bien lui foutre la honte et si je peux lui balancer son verre à la figure, tant qu’à y être…
Bon, il me paraît plus raisonnable de choisir la solution une. Et même si je choisis la solution deux, le problème reste le même : je rentre avec Paolo et un terrible secret. Bon, quoi qu’il arrive, j’en parlerai à Etienne, histoire qu’il sache que je sais. Mais après, reste la terrible question : dois-je dire ou dois-je me taire ?
Ca pose toute la question de l’amitié, la vraie. Doit-on se mêler des amours de ses amis ? J’aurais tendance à répondre non car les histoires d’Etienne et Charlotte ne me regardent pas. A partir du moment où on ne me demande pas de conseils, je n’ai pas à en donner. Donc si on suit cette logique, je ne dois rien dire à Charlotte. En effet, je ne suis pas la troisième roue du tricycle : ce qui se passe entre eux ne me regarde pas directement donc qu’ils se démerdent. Par ailleurs, tout dire à Charlotte, c’est la faire souffrir. Ce que l’on ne sait pas ne nous fait pas mal. Et puis, s’il le faut, c’était juste un coup comme ça, Etienne a été infidèle une nuit, est-ce que ça vaut la peine de tout déballer ? Après tout, c’est lui qui doit vivre avec cette culpabilité car si elle sait qu’elle est cocue, elle va rentrer dans le cycle du « mais je ne suis pas parfaite, qu’est-il allé chercher ailleurs ? ».
D’un autre côté, Charlotte aime Etienne et veut faire sa vie avec lui. Or monsieur est du genre cavaleur et il faudrait peut-être tout dire avant qu’ils ne s’engagent trop. Plus on attend, plus ça va faire mal, non ? Par ailleurs, si Charlotte apprend par quelqu’un d’autre qu’Etienne embrasse des filles même pas belles par quelqu’un d’autre et, qu’au passage, elle l’apprend que je sais, elle risque de se sentir doublement trahie. Par l’autre goujat et par moi. Parce que comment lui expliquer que je me suis tue par amitié ? Par ailleurs, si je ne dis rien, va falloir que je prenne des cours de comédie. Quand Charlotte m’annoncera qu’ils vont emménager ensemble, je devrai hypocritement répondre : « ouah, je suis heureuse pour toi » au lieu d’un franc « mais ce type est une enflure ! ». Et moi, je suis pas une comédienne née, il faut le savoir.
Bon, retournons le problème. Je suis avec Sagamore depuis X temps et je l’aime, je veux lui faire des bébés et tout ça. Oui, Paolo, c’est le mec qui me drague, Sagamore, mon namoureux dans mes mises en situation. Bon, bref, Sagamore, c’est trop le mec de ma vie, celui avec qui je veux partager mon patrimoine génétique parce qu’on fera de trop beaux enfants et je veux vieillir avec lui, main dans la main, même pas peur de le voir décrépi. Un soir, Charlotte le voit lécher la pilule d’une nana. Est-ce que je voudrais qu’elle me le dise. Et bien non…et oui.
Non car comme je disais plus haut, si je sais pas, je suis pas malheureuse. Pas mal de personnes sont, un jour, infidèles. Ca n’excuse pas tout mais s’il le faut, ça n’a été qu’une fois et Sagamore m’aime de tout son cœur alors bon… Ceci étant, je suis pas sûre d’apprécier le rôle de la cocue naïve bien longtemps. Parce que, mine de rien, quand je parlais de Sagamore et de nos amours, Charlotte va tirer une sacrée gueule. Alors soit je suis tellement amoureuse que je vois rien, soit la nouvelle froideur de Charlotte vis-à-vis de mon super amour de ma vie va me gonfler. Elle est jalouse ? Pfffff, pauv’ fille, va ! C’est sûr que son Etienne, il risque pas d’être infidèle y a bien qu’elle pour en vouloir.
Oui parce que j’aime pas être le dindon de la farce. Au moins deux personnes seront au courant de cette infidélité dans mon entourage, trois, si la fille même pas belle est connue de ma personne (alors, là, elle a intérêt à courir vite, je vais pas la rater). Et ce genre d’infos, ça circule vite, si bien qu’à l’arrivée, tout le monde le saura sauf moi. Donc imaginons que Charlotte me le dise, première réaction : aller sonner les cloches à Sagamore. Elle, je lui en voudrai pas. C’est ma meilleure amie, elle m’a pas dit ça pour me nuire. Deux options : soit Sagamore est un connard et en profite pour filer tout droit dans les bras de l’autre moche. Soit il m’aime, il s’en veut terriblement et après avoir fait la gueule quelques jours, je lui pardonne. Oui, quand on aime, on peut passer sur beaucoup de choses (hélas ou pas). Et puis si c’était juste un coup d’un soir, je peux pardonner. Bref, du coup, Charlotte peut soit lui pardonner aussi, soit jouer la troisième roue du tricycle et me saouler à coups de « non mais c’est un connard, un mec qui t’a trompée une fois recommencera et tout ça… ». Je ne pourrai décemment pas lui en vouloir. Moi, c’est pareil quand quelqu’un fait du mal à un(e) ami(e), j’ai plus envie de le pendre par les tripes que d’aller boire un verre avec lui en tout amitié, soyons honnête. Mais une amie ne doit-elle pas respecter mon choix ? Parce que s’il y a un truc que j’aime pas, c’est que mes amis s’insinuent dans mon couple. C’est déjà suffisamment compliqué à deux donc si je demande pas de conseils, c’est que j’en veux pas.
Bon, ben, voilà, on retourne le problème dans tous les sens, aucune réponse ne semble plus évidente qu’une autre. Larouquine m’a dit qu’elle, elle ne dirait rien. Moi, je n’en sais rien, je suppose que ça dépendra du Etienne : si je sens le connard irrécupérable, je le vendrai. Sinon, je me tairai.
Donc, je mens. Mal, mais je mens. Comme tout le monde. Que celui qui n’a jamais menti me jette la première pierre mais j’aurai du mal à le croire. Bon, le problème, chez moi, c’est qu’une fois sur deux, je me fais attraper. J’ai une particularité : je parle aux gens en les regardant droit dans les yeux. Sauf quand je mens. Je me souviens d’une fois où Gauthier, plein de bon sens, m’a dit de retourner dormir dans le lit après une dispute amoureuse. Oui, moi, je voulais dormir dans la baignoire, tellement j’étais furieuse. « Moumour, tu retournes au lit ! Je te vois demain et je saurai si tu mens ou pas et si tu as dormi dans la salle de bain, ça va chier ! ». Bon, ben du coup, j’ai rejoint piteuse le fameux lit.
Parfois, mes mensonges se retournent contre moi. Exemple : en 2002, je travaillais à l’Observatoire de la vie étudiante, à la fac. C'est-à-dire que je corrigeais les questionnaires renvoyés par les étudiants, passionnant ! Heureusement, on avait quelques perles, ça nous occupait. Un vendredi matin, j’avais le choix entre aller bosser et aller faire un micro-trottoir avec deux mecs de la radio dont le fameux démon tentateur. Bon, ok, je vais faire le micro-trott’, c’est mieux pour ma carrière, après tout. Donc, la veille, je m’engage à les rejoindre en expliquant que je raconterais que j’ai une fuite chez moi. Jeudi soir, je fais ma tambouille quand j’avise une flaque sous le frigo. Hein ? Bon, je passe la serpillière, pensant que j’ai fait des cochonneries en faisant la vaisselle. Eeeeeeeeet merde, la flaque revient, c’est pas normal, là ! Diagnostic : mon frigo est en train de décéder. Ca t’apprendra à mentir, vilaine !
Mais pourquoi on ment ? Pour ma part, c’est essentiellement pour éviter les conflits. Par exemple, il y a des moments où je suis pas au mieux de ma forme et donc les gens me saoulent rapidement donc plutôt que de leur dire cash : « tu me fais chier, je te trouve vraiment trop con(ne) », je m’abstiens. Surtout que quand ça va mieux, je me rends compte parfois que j’ai exagéré et je m’en veux. De la même façon, j’évite de dire à ma mère que je fume pour pas qu’on entre en conflit ni que je suis de gauche, même si, ça, mes parents le savent bien. C’est du mensonge par omission mais je sais qu’on peut pas débattre chez moi donc pas la peine de s’engueuler. Je mens aussi pour le travail, histoire de ne cacher mes manques de sérieux, parfois. Genre, au lieu de dire : « j’ai pas fini mon travail parce que j’ai traîné au lit jusqu’à 10h », je dis « la recherche documentaire m’a pris du temps », ce qui n’est pas faux. De toute façon, ça prend du temps de lire les sources et de rédiger, surtout quand on fait autre chose en même temps… Mais le mensonge a ses limites et des fois, je suis bluffante d’honnêteté, je le fais pas exprès. Au début de mon stage, mon boss me demande pourquoi j’ai pas traité la PQR, réponse : « j’ai complètement zappé ! ». Pareil, une fois, on regardait les infos avec mes parents et y avait un sujet sur les jeunes et le shit. Ma mère :
« Mais ça me dépasse ça, pourquoi ils se droguent les jeunes ? T’as déjà fumé un joint, toi, Nina ?
« Ah ? poursuit ma mère. Faudra que j’essaie un jour, histoire de voir. »
Ah ben tiens, je m’attendais pas du tout à cette réaction. N’empêche que voir ma mère fumer un joint, ce serait quand même énorme !
Après, je ne suis pas pour autant mytho. Quand mes amis me font chier, je le leur dis. Genre quand Gauthier s’ennuie au boulot et me pourrit sur MSN, il a droit à un aimable : « Bon, tu me laisses bosser, oui ? » ou « Non, je n’irai pas voir Madonna en concert, je la supporte pas ! ». J’ai passé l’âge d’être conformiste et de dire que j’aime tout ce qu’il faut aimer pour être hype. J’aime pas Madonna, ni Louise Attaque, « Clint Eastwood » de Gorillaz me donnait envie de jeter mon réveil par la fenêtre et j’ai bien aimé lire le Da Vinci Code. J’ai pas vu le journal de Bridget Jones et je compte pas le voir, j’ai détesté la dernière saison d’Ally McBeal et le dernier épisode de Friends pue la guimauve. Non mais ! De la même façon, quand on me parle de quelque chose que je connais pas, je fais pas semblant. Je ne suis pas une usurpatrice, je reconnais que je ne sais pas tout sur tout et heureusement. Si à 26 ans, j’étais déjà omnisciente, ce serait bien triste. Moi, ce que j’aime dans la vie, c’est apprendre. Quand Alex me parlait de ses études, je le regarde les yeux ronds, la bouche ouverte : je connais rien mais j’essaie au moins de comprendre. Quand on me parle du Metropolitan Museum de New York, j’écoute sans donner mon avis : j’y suis jamais allée, je vais pas faire semblant ! Car s’il y a bien un truc qui m’agace, ce sont les gens qui ne reconnaissent pas leurs lacunes en matière de culture alors que c’est évident qu’on ne peut pas tout savoir.
Le pire : les mythomanes. Et j’en ai croisé ! L’an dernier, je fréquentais une nana et plus ça allait dans le temps, plus je tiquais : ses histoires n’étaient pas cohérentes. Un coup elle avait rencontré l’amour de sa vie à une soirée, un coup dans la rue. Au début, je me suis dit que j’avais mal compris, jusqu’à ce que je la prenne en flagrant délit de gros mensonge. Durant l’été, la demoiselle m’informe gentiment qu’elle a « la foufoune en feu » car elle est allergique au latex. Je suis heureuse de le savoir, tiens ! Deux mois plus tard, je vais déjeuner chez elle avec une autre amie et là, elle nous explique : « avec machin, on ne s’est jamais protégés et il me demandait même pas si je prenais la pilule ». Hein quoi ? Question : comment peut-on faire une allergie à la capote si on en utilise pas ? Parce que c’est bien avec machin qu’elle avait fait son allergie ! De la même façon, un jour, elle m’expliquait que son pire drame serait de ne pas avoir d’enfants. Un autre jour, sa plus grande phobie est d’avoir un enfant, elle n’en veut pas, elle ne supporte pas l’idée. Hein quoi ? Bon, du coup, j’ai fini par la dégager de mon entourage. Je ne sais même pas si elle consciente ou pas de sa mythomanie mais je n’aime pas qu’on me prenne pour une bille. De la même façon, l’autre jour, je parlais avec Lucie qui m’expliquait que Johanne, mon ex amie totalement barrée était mytho. « Oui, elle nous a raconté qu’elle s’était faite violée étant jeune ! ». Quoi ? Je la connais depuis la maternelle, je sais précisément quand et comment elle a perdu sa virginité, vu qu’elle avait la pudeur d’un ver de terre. Bon, alors, je conçois tout à fait qu’un viol, c’est traumatisant mais il me semble que c’est plus logique d’en parler à ses amis proches qu’à des quasi inconnus entre le fromage et le dessert. En même temps, sa mythomanie n’est pas une découverte : vers la fin, elle me racontait qu’elle voyait des monstres la nuit pour justifier le fait qu’elle passait la nuit chez de parfaits inconnus. Des fois, je me demande ce qui pousse les gens à mentir comme ça. Pour la fille dont je parlais en premier, c’était clairement dans un désir absolu de plaire, elle arrangeait sa vie selon ses interlocuteurs. Pour Johanne aussi, je pense. Sauf que, perso, quand je prends une personne en flagrant délit de mythomanie, j’ai tendance à prendre mes jambes à mon cou. C’est sans doute pour ça que ses personnes sont seules, au fond.
Bref, mentir, tout le monde le fait, c’est pas forcément bien mais si ça permet d’éviter certains conflits, ce n’est pas condamnable. Du moment que ça ne devient pas une habitude…
L’amitié féminine est quelque chose d’assez curieux. Quand je lis les magazines féminins ou que je regarde ma propre vie, je catalogue l’amitié féminine en deux catégories : l’amitié sincère et l’amitié hypocrite basée sur la rivalité. Je sais pas si c’est pareil chez les mecs mais y a des jours où c’est très fatigant.
J’ai plusieurs amies, des proches et des moins proches, des copines avec qui j’aime bien papoter aussi. Mes vraies amies, on se confie tout. Par exemple, Anne, on a eu des conversations très intimes. Anne, je la considère comme une vraie amie : je suis heureuse pour elle quand il lui arrive des choses biens sans ressentir de jalousie. Là, elle est en couple depuis 4 mois, maintenant, et j’avoue que ça me fait grand plaisir. Faut dire qu’elle n’a pas eu une vie sentimentale très heureuse jusqu’à présent, chose que je ne m’explique absolument pas. Outre qu’elle est très jolie et qu’elle a un corps de déesse, elle a oublié d’être conne, elle se cultive beaucoup. Bref, elle a tout pour plaire et, enfin, elle trouve un mec avec qui ça marche. C’est marrant comme nos rôles se sont inversés : avant, c’était moi la fille en couple, elle la célibataire, moi qui disais : « mais t’inquiètes, toi aussi tu trouveras le bon ». Là, c’est l’inverse. Anne, elle a un mec, un boulot et deux neveux. Tout ce que j’aimerais avoir. Mais je ne suis pas jalouse pour autant. C’est mon amie et son bonheur fait aussi le mien. Idem pour Lucie : quand j’ai su qu’elle avait son CAPES, j’étais réellement heureuse pour elle parce qu’elle avait bossé comme une folle pour l’avoir et l’avoir dès le 2ème coup sans être passé par l’IUFM, c’est quand même une jolie performance. Bon, je vais pas vous faire la liste de tout ce que je pourrais jalouser chez mes copines parce que je suis pas en train d’écrire un roman, là.
J’ai un idéal assez élevé en terme d’amitié, je crois que je suis exigeante dans ce domaine qu’en amour, voire plus. L’amitié, c’est un peu mon arche de Noé, là où je me réfugie en temps de déluge mais là aussi où j’accueille mes amis quand ils ne vont pas bien. Ca marche dans les deux sens : on se soutient mutuellement. C’est aussi un lieu de joie : quand tout va bien, on est heureux de se retrouver tous ensemble pour célébrer nos bonheurs. La vie est suffisamment compliquée pour s’en rajouter avec les amis, même si les prises de tête arrivent.
Revenons à l’amitié féminine. Durant ma vie, je me suis retrouvée dans des cas d’amitiés concurrentielles et j’ai franchement horreur de ça. Cas le plus flagrant : Rachel. Dans le genre « je t’aime autant que je te déteste », on a fait fort. Cette fille, je l’ai rencontrée au lycée, en première et on est devenues très amies en terminale. C’était toujours à celle qui aurait la meilleure note (moi, en général), à celle qui plairait le plus aux mecs, à la plus mince, la plus intelligente… Enfin, moi, je faisais pas attention, je m’en foutais un peu. D’abord, il y eut le gars qui me fit une déclaration en pleine discussion sur Friends, celui qui faisait une rubrique F1 sur une radio locale un peu grâce à moi. Quelques temps après, voilà qu’elle se sent attirée par lui. Un jour, on discute collégialement, elle parle des peluches qu’elle a dans la voiture, je lis l’Equipe quand je vois qu’il y a eu un accident pendant les essais privés donc je m’exclame : « oh, machin a eu un accident » et le gars me parle du coup. Quand on se retrouve toutes les deux seules, je me prends un « il a suffi que tu ouvres la bouche pour qu’il m’oublie » bien amer. Heu…pardon, je l’ai pas fait exprès. Pour compliquer cette relation, Yohann, notre meilleur ami commun de l’époque, la troisième roue du tricycle, en somme, tombe amoureux de moi. Là, la jalousie est à plein régime. Un soir, elle lui dit : « Nina et moi, on a le même caractère, pourquoi tu la préfères elle à moi ? » Sous entendu : Nina est de toute façon trop moche pour qu’elle te plaise par son physique. Ca fait plaisir ! D’ailleurs, je me suis pris pas mal de skuds sur mon physique. Exemple : on part en vacances avec Yohann dans la maison de sa tante au bord d’un lac. Un soir, on parle d’atouts physique et elle me demande les siens, je commence un listing quand elle me fait « Bah, arrête, tu me demanderais la même chose, je serais pas capable de répondre. » Ok, j’ai ramassé mes dents et je suis allée faire la vaisselle.
A la fac, nouvel élément de notre folle passion amicale : Gauthier. Au début, c’est moi qui suis intéressée par lui et je me prends un fantastique râteau. En 2ème année, Gaugau et moi devenons insupportablement complices, on passe nos cours à s’échanger des petits mots d’amour genre « je te prendrais en levrette, la tête dans le frigo». Elle croit qu’on dit du mal d’elle sur nos mots donc systématiquement, elle se place entre nous en cours et fait tout pour qu’on ne s’échange plus nos mots doux mais on y parvient toujours. Déjà, je ne suis pas suffisamment garce pour écrire des saloperies sur une nana à côté de moi. Ensuite, on a appris six mois plus tard qu’à ce moment-là, elle voulait sortir avec le Gauthier et qu’elle était persuadée que j’allais conclure avant elle malgré ma pseudo relation de couple avec Pierre le pervers. Finalement, avec le temps, nos relations se sont normalisées, sans doute parce qu’on ne se voyait plus beaucoup mais maintenant, quand je sens poindre un rapport de rivalité entre une copine et moi, je mets aussitôt de la distance. J’ai passé l’âge de jouer à qui sera la plus belle, qui aura la meilleure note, qui aura le plus de mecs… Je ne nie pas qu’une certaine émulation peut être motivante mais faut pas pousser mémé dans les orties. Avec Cécile, au lycée, on jouait un peu à « qui aura la meilleure note » aussi mais de façon très soft, c'est-à-dire que quand l’une des deux se prenait une sale note pas du tout attendue, l’autre ne ramenait surtout pas sa fraise. C’était surtout en philo qu’on s’amusait à ça, vu qu’on avait généralement un point d’écart ou la même note. Mais on travaillait main dans la main, celle qui avait compris en premier expliquait à l’autre. En général, je l’aidais en maths, elle m’aidait en anglais, on faisait tous nos exercices à deux sans chercher à impressionner l’autre. Une saine amitié, quoi.
Pendant longtemps, j’ai eu du mal avec les filles, en fait. Depuis que je suis sur Paris, j’ai des relations tout à fait normales avec Tatiana, Zoé ou Sab. On se raconte nos vies sans se balancer des piques dans la gueule. Quand Zoé me parle de sa nuit d’amour avec M. Zoé, je peux lui sortir un « han, je suis jalouse ! » mais c’est de l’ordre de la boutade et elle le sait très bien. Idem pour les deux autres demoiselles. Les filles ont quand même tendance à être garces entre elles et quand y en a une qui me fait un compliment, j’ai tendance à le prendre pour argent comptant. Mais je me méfie quand même des hypocrites et Dieu sait qu’il y en a. Quand je surprends une copine en flagrant délit d’hypocrisie, j’ai tendance à me refermer, aussi. L’amitié, c’est comme l’amour, tout est question de confiance, selon moi. Et à partir du moment où ma confiance est trahie, je ne me sens plus très motivée pour faire des confidences. Le pire étant les nanas qui se la racontent, qui sortent des mensonges aussi gros qu’elles car j’ai vraiment l’impression qu’elles me prennent pour une idiote et ça m’agace. Oui quand on ment, faut bien le faire, c’est tout un art. Quand on sait pas, on s’abstient. De toute façon, je vois pas l’intérêt de mentir en amitié. Se faire passer pour quelqu’un d’autre ? Ben c’est pas de l’amitié ! Entre amies, on devrait se montrer telles quelles, ne pas s’inventer d’histoire d’amour ou de sexe pour pas se sentir moins jolie que les autres, ne pas prétendre qu’on pèse 10 kg de moins que ce qu’il y a marqué sur la balance. D’abord ça se voit. Et puis en plus, on n’est pas là pour se juger. Si mes amies commencent à me juger, c’est que ce ne sont pas des amies, point.
L’amitié féminine est vraiment quelque chose de compliqué. Heureusement, j’ai quelques bonnes amies qui m’empêchent de penser que les filles sont toutes des garces.
Paris est une ville fascinante où on rencontre des gens vraiment… hors normes, on dira. La scène se déroule samedi dans le métro, Gauthier et moi nous rendons chez la Rouquine pour un petit dîner informel. On grimpe dans la rame et là, la fille qui est à côté de nous ouvre une boîte et en sort un petit papier et me dit : « Il me faut trois minutes pour en faire un alors vous imaginez mille ! ». Quoi ? Mais de quoi elle me parle ? Polie, je réponds un : « ah oui ! » et je me tourne vers Gauthier pour voir s’il comprend, lui, mais son air perplexe est plus qu’éloquent. La jeune fille s’assoit et commence à essayer de dédoubler son mini morceau de papier. Ok, j’ai compris, les fameuses trois minutes, c’est le temps qu’elle met à dédoubler le morceau de papier… Fascinant.
Plus tard dans la soirée, on en reparle avec Gauthier et le débat glisse sur la normalité (ou l’anormalité) des gens, j’affirme à mon cher Gaugau : « Mais nous, on est normaux ! » et lui de me répondre : « Ben, on est normaux par rapport à ce que l’on considère comme normal. ». Je réfléchis à cette phrase mais je répète : je suis normale. Normale, normale, normale. C’est pas que je cherche à me convaincre mais je ne vois pas ce qui cloche chez moi, ce qui fait que je pourrais passer mes journées à dédoubler des petits papiers.
Des fous, y en a partout. A Toulouse, particulièrement. J’ai déjà parlé des folles de la fac, mais y en avait d’autres. Il y avait aussi la prêcheuse, celle qui marchait dans la rue en psalmodiant très fort. La première fois que je l’ai croisée, c’était entre les deux tours des Présidentielles, elle gueulait : « l’heure du jugement est arrivée pour certains, l’heure du jugement est arrivé pour certains »… Oui car la prêcheuse hurle en boucle. Donc, moi, je me dis : « merde, c’est une lepéniste, elle est folle de hurler comme ça, quand même ! ». Non, en fait, le jugement, c’était pas celui de Le Pen mais celui de Dieu, au temps pour moi. Je me souviens d’une fois où j’étais en cours à la fac aux murs de papier, le prof s’arrête dans son discours et là, on entend notre amie se mettre à hurler… Ben, le prof, qui était un intervenant extérieur était tout ahuri alors que nous, nous étions écroulés sur notre table.
Des fois, je me demande ce qui fait passer les gens du côté étrange de la « folie » (dans le sens populaire et non médical du terme). Bien sûr, il y a l’âge mais certains sont un peu trop jeunes pour souffrir d’un Alzheimer. Au fond, nous sommes tous fous mais chez certains, ça se voit plus que d’autres. Et ce doit être reposant d’être fou, au fond. De marcher dans la rue en gueulant des débilités, d’aller parler à des inconnus comme s’ils étaient nos amis… Etre fou, n’est-ce pas se foutre des conventions, se conduire comme on le sent plutôt que comme il le faudrait ? Moi, déjà, j’avais du mal à aller au supermarché pas maquillée et en jogging, je suis totalement aux prises avec les conventions sociales. Je n’adresse pas la parole aux gens dans la rue juste pour le plaisir de délirer avec eux. Quoi que les fous ne délirent pas avec les gens, ils délirent seuls mais ils ne s’en rendent pas compte.
Mais pour en revenir à ma question primaire, qu’est-ce qui pousse les gens dans la folie ? Qu’est-ce qui a poussé cette étrange demoiselle à dédoubler ses papiers ? Je tripote souvent des choses dans le métro (pas de pensées malsaines, merci) sans même faire attention. L’autre jour, alors que j’avais la tête posée sur l’épaule d’Alex, je m’amusais machinalement à nouer un élastique autour de mon doigt. Nouer, dénouer, nouer, dénouer, je m’éclate. Je tripote souvent les pièces que j’ai dans ma poche, aussi. Mais ça ne vire pas à la monomanie, je n’ai pas de pièces ou d’élastiques exprès dans ma poche pour les toucher et je n’en parlerai pas aux gens que je croise dans le métro (surtout que certains vont vouloir que je les leur donne, mes pièces). Je regarde tous ces gens fous et je me demande toujours pourquoi ils en sont là. Traumatisme de la vie ou petit souci dès la naissance, je ne le sais.
Nous avons tous un grain, c’est évident. Je suis la pro pour donner des réponses burlesques à ce qu’on me dit, on me traite souvent de couillonne (© mon chéri) ou de conne (là, c’est plus Gauthier) mais c’est pas pour autant que je me considère comme folle. Bon, j’ai fait quelques trucs dingos genre suivre un mec dans la rue ado pour savoir où il habitait et je l’ai appelé ensuite pour déclarer ma flamme (toute l’histoire ici) mais rien de bien méchant, au fond. Bon, il y a des matins où je me réveille, la tête pleine de rêves étranges qui ont peuplé mes nuits et je me dis qu’il doit y avoir un truc qui ne marche pas très bien dans ma tite tête. Mais à part mon imagination débordante et mon sadisme pour les pauvres personnages de mes romans, je vois pas ! J’en parlais avec Alex qui m’expliquait qu’il me trouvait incroyablement saine. Ah, ben en voilà au moins un qui est de mon avis !
Pourtant, je me demande quel est le plus heureux de nous deux ? Moi, qui est conscience de ma condition pas toujours rose, contrainte de me plier aux conventions sociales ? Ou le fou qui n’a peut-être pas conscience de ce qu’il est mais qui est peut-être très seul. J’imagine la jeune fille aux papiers rentrer chez elle et passer la soirée à dédoubler ses papiers. Remarquez, moi, je passe mes soirées à :
- ramer- papoter avec mon chéri
- papoter avec mes amis
- bloguer, bloguer, bloguer
- jouer au spider solitaire.
Oui, bon… Je suis pas folle, juste multimaniaque.
Retour en arrière, j’ai 10 ans, par là, ma cousine vient dormir à la maison. Pour dormir, j’ai mis un T-shirt qui s’arrête au nombril, donc je suis cul nu et je galope dans cette tenue. Mon père me réprimande : « Tu pourrais pas avoir un peu de pudeur ! » De quoi ? C’est quoi ce mot moche ? Et oui, comme toutes les gosses, j’ai la pudeur d’un ver de terre mais à l’adolescence, voilà que je me couvre des pieds à la tête. Dans ma famille, nous sommes quatre : ma mère qui se balade à poil tout l’été et les trois autres, toujours pudiquement couverts. Ma mère est née à la campagne et ne s’est jamais embarrassée de vêtements superflus, j’ai entendu parler de la fois où elle arrivée vêtue de seules bottes en caoutchouc de son père (bon qui lui arrivaient aux hanches, certes) et qui se présente aux collègues de mon grand-père, toute fière : « bonjour, je m’appelle biiiiip biiiiip et je suis la digne fille de mon père ! ». Ben, j’aurais bien aimé voir la scène, quand même ! Petite, ma sœur avait un problème de culotte : elle les enlevait dans la voiture quand mon papa nous amenait à l’école, ce qui valut à mes parents une convocation par la maîtresse. Hé oui, une petite fille qui s’habille en robes (parce que les pantalons, c’est que pour les garçons !) et qui passe sa vie à faire le cochon pendu sans culottes… Hum ! Pourtant, y a pas plus pudique que ma sœur aujourd'hui, je ne l’ai plus vue nue depuis ses 10 ans… et c’est réciproque, d’ailleurs.
La pudeur est quelque chose d’assez curieux, selon moi. Enfants, on adore se balader culs nus, adultes, on en montre le moins possible (quoi que ça dépend). Suis-je pudique ? Oui, assurément. Je mets parfois des tenues un peu osées avec des dépoitrinés d’anthologie mais j’aurais du mal à aller dans un camp naturiste. Pourtant, des fois, il m’arrive de traverser mon appartement à poil juste avant d’aller me doucher alors que je n’ai pas fermé mes volets et que je vis au rez-de-chaussée côté rue. Avec mes amis, je me mets pas à poil, aucun n’a vu mes fesses ou mes seins (ou alors par accident), sans doute parce que je n’ai pas d’impulsions exhibitionnistes. La seule fois où Gauthier a vu mes seins, c’est quand j’avais mis un maillot deux pièces triangle et qu’il m’avait jetée dans la piscine. Quand je suis ressortie, j’avais le maillot sur la tête… Oui parce que les maillots triangle, c’est bien juste pour bronzer, pour le reste, faut oublier.
A propos de maillot, je n’aime pas bronzer seins nus. Par pudeur mais aussi parce que si je me prends un coup de soleil là (je prends des coups de soleil partout où je ne suis pas couverte, une catastrophe), je vais vraiment morfler. Déjà, la dernière fois où je suis allée à la plage, je n’ai pas pu m’asseoir pendant trois jours (malgré le port du maillot) donc le naturisme, c’est trop dangereux pour moi. Et puis, tous ces corps exposés, ça doit blaser, quand même. Déjà, errer dans des vestiaires avec une quarantaine de rugbymen nus, je les voyais plus alors dans un camp de naturistes, pfffff ! Et qu’en est-il du plaisir de l’effeuillage. Quelque part (c’est horrible ce que je vais dire, mais je le fais quand même), j’adore le premier effeuillage, découvrir petit à petit le corps de mon futur amant, en particulier son pénis. Oui, il faut dire ce qui est !
L’effeuillage, justement. Je me souviens, à l’époque où j’étais vierge et totalement complexée par mon corps (à tort ou à raison selon les moments de ma vie), paraître nue devant un homme m’effrayait au plus haut point, je ne voyais pas comment j’arriverais à me désaper autrement que dans le noir. Finalement, j’ai perdu ma virginité en pleine lumière, l’excitation m’ayant fait oublier mes complexes. Parce que finalement, avec mes amants, je retrouve mon impudeur naturelle : je n’aime pas faire l’amour dans le noir, je me fiche qu’il voit ma cellulite en pleine levrette. En même temps, un mec qui remarque ça, c’est qu’il n’est pas trop dans l’ambiance, il me semble. Une fois la première brouette consommée, je dors nue, je me promène nue devant lui, ça m’est égal. Après tout, il a visité mon intimité, à partir de là…
L’autre soir, je discutais avec un jeune homme qui était étonné de savoir que je dormais très souvent nue, seule ou accompagnée, il m’expliquait que ses copines enfilaient toujours au moins une culotte… Je trouve ça un peu curieux : s’il y a bien une personne avec qui je peux me montrer sans le moindre artifice, c’est bien avec mon copain. Y a qu’en hiver que je me couvre mais c’est plus une question de froid que de pudeur. Franchement, je ne trouve rien de plus agréable que de m’alanguir contre le corps nu de mon petit ami (ou de mon amant), on se rhabillera en sortant. En attendant, on reste nus, comme ça, si l’envie d’une brouette nous prend, on ne perd pas de temps.
La pudeur est vraiment un phénomène intéressant. J’adore m’habiller et porter de jolies tenues, ça doit venir de nos vieux instincts animaux, on se pare pour plaire. Et puis je me vois pas me promener à poil dans Paris. Plus on veut séduire, plus on se pare de couleurs (même si le noir, c’est d’une classe folle, j’adore), comme les oiseaux, par exemple. Mais qu’est-ce qui a poussé les premiers hommes à se couvrir d’oripeaux ? Par pudeur ou pour protéger certaines parties délicates ? Car en Egypte, par exemple, les femmes se promenaient seins nus… On se couvre et on se découvre selon les modes… Je pense qu’après l’actuelle période où on en montre le plus possible, on va revenir à une mode plus couvrante. Il est vrai que je préfère suggérer qu’exhiber mais pour autant, je ne suis pas une fanatique de la robe de bure.
Autre pudeur particulière chez moi : je déteste qu’on me voit dans la salle de bain. J’ai déjà parlé de la douche : avec mon petit ami, oui, sinon, on me regarde pas me laver. Je n’aime pas qu’on me regarde quand je me lave la figure ou les dents, je n’apprécie pas forcément qu’on me voit en train de me maquiller. Peut-être est-ce de la pudeur ou alors de l’égoïsme. J’aime me maquiller, c’est un moment rien qu’à moi donc qu’on me laisse tranquille. D’un autre côté, je ne trouve rien de moins sensuel que ces moments d’hygiène indispensables. C’est comme une belle maison, quelque part : c’est agréable de la regarder mais se passionnerait-on de voir une personne la nettoyer pour qu’on puisse la voir sous son meilleur jour ? Non, je crois pas. Le pire du pire : mes besoins naturels. Je suis EXTREMEMENT pudique à ce sujet. Je n’aime pas que quelqu’un, y compris mon petit ami, soit dans la même pièce que moi quand je m’abandonne à ce besoin naturel et je n’aime pas qu’on m’entende non plus (et je n’aime pas entendre, ça me gêne). Ca, ce doit être un truc de filles parce que les mecs, y en a plein qui pissent joyeusement dans la rue, par exemple. A l’époque où j’étais avec Guillaume Ier, ça le gênait pas de venir pisser à côté de moi pendant que je me maquillais, ce qui m’énervait au plus haut point : il peut pas attendre que j’ai fini ?
Bref, je pense ne pas être particulièrement pudique mais y a quand même quelques bornes que je m’impose. Je ne comprends pas l’intérêt de se foutre à poil au milieu d’une boîte sous les regards indifférents des mecs (scène vue dans Paris Dernière). Je ne comprends pas l’intérêt de mettre sur le net des photos de moi à poil (j’en ai pas, remarque). Je préfère garder l’essentiel pour les hommes qui partagent ma couche.







