Disinfolab, le social listening et la paranoïa

Bonjour, je suis Nina Bartoldi et je suis le matricule 7057. Oui, je suis dans le listing de DisinfoLab, à la 7057e place. Nan de Dieu, je suis fichée opposante politique dans une liste éditée sur la base de l’affaire Benalla. C’est ça, cette liste, non ? Et bien non. Ce fichier là, il me dit juste que je passe trop de temps sur Twitter. Ladies et gentlemen, je vous propose un petit cours de social listening car faudrait voir à ne pas se tromper de combat… Ni de raconter n’importe quoi.

Paranoïa
A tout hasard, si vous ne me connaissez pas : sur le spectre politique, je suis plutôt bien à gauche. Et Macron, je le hais. Vraiment, je le hais. D’abord parce que je le considère depuis son élection comme dangereux et je n’en peux plus du foutage de gueule. Donc si je commence à froncer les sourcils sur cette affaire de matricule, ce n’est pas parce que je suis en marche, juste que j’ai une expertise sur le sujet. Je résume l’histoire pour ceux qui n’ont pas suivi pour cause de vacances ou parce qu’ils sont pas sur Twitter et que je ne pense pas que ça braille autant sur le sujet en dehors du royaume de l’oiseau bleu. Il y a quelques jours, la presse commence à annoncer que l’affaire Benalla a été gonflée par une sphère russophile. Or l’annonce se dégonfle vite : en cause, DisinfoLab, une ONG qui a décidé de réaliser une étude sur l’affaire Benalla sur Twitter. En résumé, on appelle ça du social listening (écoute sociale pour les moins anglophones d’entre nous) et ce fut mon expertise dans mon ancienne vie… l’ancienne vie qui s’est achevée y a un mois et demi donc ça va, je maîtrise. Mais le scandale arrive : pour expliquer leur méthodo et tenter de donner un vernis scientifique à leurs résultats, l’ONG a partagé deux excels : le premier avec une liste de 55 000 noms de comptes Twitter et un autre analysant les 3900 plus actifs.

Social Listening

Et ça vire au n’importe quoi. Tout le monde hurle au fichage, exhibe son matricule comme s’il s’agissait d’une cicatrice de guerre. J’avoue que sur le coup, j’ai trouvé ça rigolo cette histoire de matricule, “ouais, je suis le matricule 7057” (mon vrai rang), ça fait un peu personnage de film d’anticipation et tout. Mais je sais qu’il n’y a pas d’éminence grise, de complot ou je ne sais quoi en mode “matricule 7057, mettez la sous surveillance, elle a tweeté 122 fois sur le sujet”. Oui alors je sais pas ce qu’ils ont mesuré précisément car ça me paraît énorme mais j’étais en intercontrat alors bon… Mais en vrai, cette info, ça aurait pu éventuellement intéresser mon manager (mais intercontrat donc j’en avais pas, lalala) qui aurait pu me tirer un peu l’oreille en mode “heu, tu bosses ou tu tweetes, là ?” mais ça s’arrête là. Et il n’avait pas besoin de ce fichier pour avoir une idée de mon activité twittesque, y a qu’à checker mon compte. Ah oui car peu importe l’outil utilisé par DisinfoLab, ça ne remonte QUE les tweets publics.

Social Listening

Mais allons plus loin. Comme cet article est déjà long et que je suis actuellement en vacances, on va en faire une saga de la semaine. A demain pour un éclairage sur la liste des 55 000.

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