Le raté du changement : le sharing desk

Il y a 2 ans et demi, ma boîte a déménagé. Oui,  c’est un peu ma spécialité, ça : quand j’arrive dans un nouveau job, il est question de déménagement. En fait, sur les 6 boîtes que j’ai faites, 4 ont changé d’adresse pendant que j’y étais (et une, on a changé d’open space). Du coup, le déménagement, c’est la bonne occasion pour secouer un peu les habitudes et c’est ainsi que fut implanté le sharing desk. Enfin, sur le papier…

Sharing desk
Ah oui, point que j’ai oublié dans mon article et qui me revient là (c’est pas mon entreprise, ici) : il n’y a pas de double écran sur chaque bureau, ce qui limite les déplacements

C’est quoi le sharing desk ? C’est l’idée qu’il n’existe plus de places attribuées et qu’on se pose où l’on veut/peut. Un peu comme à la bibliothèque. Du coup, on ne laisse plus rien sur les bureaux, on ne mange pas à sa place… Ca permet d’avoir moins de  bureaux que d’effectifs pour réduire un peu l’espace du bureau (surtout si la moitié des effectifs est nomade…). Chez nous, l’idée est (était) de « casser les silos » pour  créer plus de synergies entre les pôles. En plus clair « ouvrez vous l’esprit et pensez à vendre des opés 360 ». Alors du coup, je vous illustre cet article avec des photos de mon bureau histoire que vous compreniez à quel point ça n’a pas pris. On a nos places attribuées, point barre.

Pourtant, j’étais ultra motivée. Quand on a déménagé, mon équipe était très bruyante et niveau blagues, on était à peu près niveau égout. L’idée de prendre un peu l’air me ravissait donc au plus haut point. Mais ça puait la croquette dès le départ vu qu’on nous a attribué des places. Heu… mais on ne devait pas se mettre où on voulait ?  « Si, si, c’est juste pour les cartons de déménagement… ». Vous l’avez compris, le sharing desk était mort né et 2 semaines après l’emménagement, j’offrais à ce bureau officiellement mien une petite plante.

La plante sur mon bureau

Le pire, c’est que j’ai fini par changer de bureau un vendredi de total bordel où je n’en pouvais plus de barboter dans les cris et la connerie. Sans mot dire, je me suis levée, pris mon ordi et me suis posée à l’autre bout de l’open space. Je suis revenue 4 mois plus tard parce que, tu comprends, on est une équipe. Heureusement qu’on devait casser les silos… non parce que des fois, tu as besoin de calme et de concentration et pas de bol, c’est le jour où tes voisins de bureau ont envie de faire la foire. Ca arrive. Bah tant pis, tu subis.

Un bouddah dans ma plante
Oui, j’ai mis un petit Bouddah dans ma plante

Alors après, le sharing desk, c’est pas le paradis non plus. Par exemple, certaines places sont chères et d’autres… ben ce sont les places des retardataires, quoi, celles que personne ne voulait. Il y aussi un fil à la patte très fort. Comme je l’évoquais dans mon article sur le télétravail, la confiance dans les salariés est… très relative. Ainsi, dans une agence parisienne totalement sharing desk, les salariés sont « traqués ». En gros, on sait toujours où est leur ordinateur… or parfois, quand je dois vraiment avancer sans être dérangée, ca m’arrange que seule ma manager sache me situer…

déco de ma plante : statue bouddah, fève geisha et oeuf de pâques
… Et aussi une petite fève trop mignonne et mes collègues y ont laissé un oeuf de pâques

Bref, cette histoire de sharing desk me parait être une excellente illustration de ce manque de confiance dans les salariés : pour être sûr que tu travailles bien, on te garde sous le nez. Ce qui est absolument faux, de mon point de vue…

Mes petites matrioshka déco

Tiens, on va parler de ça semaine prochaine et je fermerai ensuite cette parenthèse sur le travail.

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