Réalité de Quentin Dupieux

 

Il est des films qui vous laissent pantoise. Pas forcément négativement juste qu’à l’apparition du générique de fin, vous restez sur le cul, incapable d’émettre un avis. Et c’est le cas, par exemple, de Réalité de Quentin Dupieux.

Réalité de Quentin Dupieux affiche

Je vous fais l’histoire en bref : Jason Tantra, cameraman sur une émission culinaire, a rendez-vous avec Bob Marshall, un riche producteur, pour lui parler de son idée de film. Un film d’horreur à base de télés tueuses d’hommes. Marshall est prêt à signer mais à une condition : que Tantra lui présente le meilleur gémissement de l’histoire du cinéma. On va donc suivre Tantra et sa quête du meilleur gémissement.

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Mais en fait non, c’est pas tout à fait ça non plus. Ce film joue sur ce qu’on pourrait appeler les niveaux de conscience et de réalité : tout n’est que mise en abyme sur mise en abyme, tu perds rapidement le fil : réalité ou rêve ? Jason navigue entre les deux, il va jusqu’à se voir dans ce qu’il pense être sa propre réalité. Tout aussi perdu Dennis, le présentateur de l’émission culinaire qui finit par croire que Jason et lui ne sont qu’une seule et même personne.

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Oui, je vous ai pas dit mais Dennis présente son émission déguisé en Ratatouille

J’avais envie de voir ce film car il y a Alain Chabat dedans et j’ai toujours une grande affection pour le bonhomme et je suis généralement peu déçue. Et je sais qu’il est particulièrement bon quand il est à contre emploi. Et effectivement, il est bon, très bon. Par contre, grosse surprise du film : Jonathan Lambert. J’ai énormément de mal avec le personnage en temps normal, je le trouve généralement plus agaçant que drôle et quand je l’ai vu apparaître, j’ai fait un peu la gueule… Sauf qu’il est magistral. Joli rôle aussi pour Elodie Bouchez, parfaite en psychologue psychorigide insupportable.

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Bref, le casting est bon mais revenons en à l’histoire. Quand le générique de fin est tombé, j’ai lâché un “Quoiiiiiiiiiiiii !” tant j’étais perplexe… Mais dans le sens positif du terme. On continue de monter et descendre entre les différents niveaux de conscience, on cherche un point de repère pour capter ce qui est réel de ce qui ne l’est pas. Un peu comme dans Mulholland Drive, film que j’ai adoré pour exactement la même raison : tu peux pas juste regarder le film, tu dois observer, être conscient de ce qui se passe pour démêler le vrai du faux, le fantasmé du réel. Grâce à un reportage très intéressant sur le film que j’avais vu sur Canal, j’avais fini par choper toutes les clés et tous les indices me permettant de réécrire l’histoire.

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Sauf qu’ici, on ne navigue pas entre deux niveaux de conscience mais plusieurs, on ne sait jamais ce qui est vrai ou non et, in fine, qui vit ou rêve réellement cette histoire. Si vous avez besoin de comprendre un film pour l’apprécier, je pense que vous allez détester Réalité. Pour ma part, je l’adore justement pour ça : parce que passé les 15-20 premières minutes, on est précipité dans un univers incompréhensible, on doit chercher les indices pour comprendre. Dupieux malmène la ligne temporelle et la logique, on s’en prend plein la gueule… mais en plus, il le fait bien.

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J’ai une règle : si un film me fait changer d’avis sur un acteur ou une actrice pour qui j’avais peu à pas d’estime, c’est que le film est bon. C’est le cas de Walter Mitty, mon film feel good préféré, qui a réussi à me réconcilier avec Ben Stiller,  de la famille Tenenbaum de Wes Anderson où j’ai découvert une géniale Gwyneth Paltrow et donc Réalité qui me fait apprécier Jonathan Lambert.

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Donc si vous n’avez pas peur d’être un peu sorti de votre zone de confort de spectateur, matez Réalité.

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