La France t’appelle !

 

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(Je rappelle que ces faits ont eu lieu en décembre 2009, j’ai déjà démissionné car j’avais trouvé un nouveau poste).

Suite à ce premier entretien qui m’a motivée pour en trouver d’autres, je réponds de ci de là à quelques annonces mais Noël arrivant, je commence à me la couler douce. Alors si tu ne vas pas aux opportunités, elles viennent à toi. Un soir, je reçois donc un mail incroyable d’un certain Gonzague : « bonjour, j’ai eu votre cv de la part du big boss de la boite où vous avez passe votre entretien. Le SIG cherche son community manager, ça vous intéresse ? » Alors pour ceux qui ne connaissent pas le SIG, c’est le service d’informations gouvernementales. Ouais, tu as bien lu, on me propose en somme d’être le community manager du gouvernement.

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Premier réflexe : ahahah ! Non mais c’est bon, le gouvernement ! Moi ! Imaginez un peu la masse de travail que ça représente avec toutes leurs déclarations à la con, leur méconnaissance totale du web et des réseaux sociaux. Et encore, ça va, Frédéric Lefebvre n’est que UMP, pas au gouvernement. Je sors du boulot et appelle ma mère qui s’extasie de la nouvelle (mais ma mère est de droite). Ah ? « Mais oui mais attends, c’est génial, tu vas être fonctionnaire, la planque! ». Ouiiii ? Même discours chez mon père et ma soeur. Bon après tout, qui ne tente rien n’a rien, je vais répondre, on verra bien. De toute façon n’oublions pas la raison première de cette recherche d’emploi : fuir (vite). Je décroche donc un entretien tout début janvier.

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Autant vous dire que j’y vais à la cool. Simon étant passé avant moi, j’ai déjà un aperçu des points positifs et négatifs. Le gros point négatif étant qu’il s’agit d’un CDD de 3 ans mais on a 40 jours de vacances et Gonzague a l’air assez ouvert aux propositions et aux évolutions. Bien, let’s go. Ca commence fort : j’arrive sur place, je dois donner ma carte d’identité pour rentrer, le vigile à l’entrée a l’air totalement largué, on n’arrive à joindre personne… Meeeerde, que se passe-t-il ? Une jeune demoiselle arrive et explique qu’elle
était en fait en entretien au SIG, d’où le manque de réponse au téléphone : ils étaient occupés. Je connais donc désormais trois postulants : Simon, une copine et cette demoiselle qui a l’air très sympa au demeurant. Bien, c’est mon tour, l’entretien se passe bien, je suis un peu étonnée d’apprendre que je fais partie des CM seniors (je n’ai que 3 ans d’expérience et je n’aime pas qu’on me colle le mot senior). Gonzague a l’air très motivé pour faire bouger un peu les choses, il a l’air convaincu par mon profil et m’explique que si le préavis pose problème, il pourrait faire bouger les choses. Là, j’imagine la scène, la gueule de mon boss recevant un coup de fil lui demandant de me libérer au plus vite… Oh rien que pour ça, j’ai envie de l’avoir ce job. Même si je comprends que le salaire risque un peu de bloquer mais « hé, y a 40 jours de congés! ». Mouais…

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Je rappelle ensuite quelques fois pour avoir des nouvelles, Simon fait de même (on se partage les coups de fil de relance). Un matin, je reçois un coup de fil de la responsable du SIG « faut qu’on se voie vite. Ce soir, 18h30 max! ». Heu oui mais je travaille, moi, madame. Etre au SIG à 18h30, ça implique que je parte à 17h30-17h45 dernier délai. Dans ma boîte où tu te prends une réflexion si tu oses partir avant 19h… Heureusement, j’ai pris le coup de fil au bureau (quelle audace), tout le monde a entendu cette histoire de rendez-vous, sans pour autant savoir avec qui, je décide donc d’annoncer que je pars tôt sans donner plus de détails. J’avais de toute façon trouvé une excuse au cas où « je dois aller chez le gynéco ». En général, ça met tout le monde mal à l’aise. Mais non, je peux m’échapper sans encombre. J’arrive, je salue Gonzague et je découvre sa patronne. Et là, je découvre la sensation de « ça va pas le faire ». J’en ferai un article, tiens. Je passe l’entretien, je sens que je l’énerve, elle me reprend parce que j’ai dit le mot « nana » à un moment (oui, ok, j’ai tendance à m’emballer parfois mais bon, nana, ça reste soft). A la fin de l’entretien, attention, flagellation : « vous n’êtes pas du tout faite pour la comm institutionnelle, vous n’en avez pas le vocabulaire (foutu « nana »), vous ne savez même pas ce qu’est le SIG, vous parlez de problèmes qui ne sont pas liés au gouvernement (pardon mais des ministres qui s’expriment sur la burqa, ça n’a vraiment rien à voir avec le gouvernement ?). Bref, elle m’éreinte et me dit qu’elle me rappellera dans 15 jours, peut-être, mais j’ai qu’à rappeler moi, sinon. C’est ça, oui… Je suis tellement masochiste…

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Bref, je sors de là sans aucun espoir pour la suite mais pas vraiment déçue. Autant j’avais bien accroché avec Gonzague, autant je pense que sa chef, ça ne serait pas passée. Or je voulais changer de poste pour me sortir d’une ambiance pesante… Donc sans regret. Finalement, ils n’ont pris aucun des candidats community managers envoyés (Simon n’a quant à lui jamais eu de nouvelles et la fille que je connais était passé directement avec les 2 et n’avait jamais eu de nouvelles non plus). A l’arrivée, je crois que le poste n’a pas été pourvu mais il me paraissait plus simple de prendre quelqu’un formé à la comm institutionnelle et lui apprendre le community management que l’inverse. Enfin, je terminerai en rappelant que le SIG est le service qui a lancé France.fr. Voilà. J’oserai dire en conclusion : ouf !

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