Ranafout time


Jeudi matin, première heure : réunion pour Joséphine. Une de mes dernières mais je suis la seule à le savoir. Mais tant que j’ai pas ma lettre d’embauche, motus et bouche cousus. C’est dur.



Pendant la réunion, Vanessa estime que la part des communautés est encore trop faible en me regardant de façon méprisante, j’ouvre la bouche pour faire un point sur la question, elle passe aussi sec à autre chose. Là, j’ai un peu envie de me lever et de crier un bon « RIEN A FOUTRE !! J’me barre! » mais je reste calme et avale une chouquette. Chébon les chouquettes. En repartant au métro, Lena qui était à la réunion parle de l’emménagement à Lavande et me demande à quel étage je serai. Hypocritement, je réponds au 3e. Hé oui, finalement, j’avais raison, je ne partirai pas à Lavande.

J’arrive au bureau retrouver Simon et Ioulia, on parle pas mal du déménagement et du fait que nous serons séparés, je ne pipe mot. Le soir, nous avons prévu d’aller au restaurant avec Sonia, notre ancienne stagiaire donc je me tais, je le dirai le soir.

Milieu d’après-midi, pause clope-papote avec Ioulia et là, elle me sort : « rah, j’en ai marre. S’il le faut, dans 3 mois, on se barrera tous ensembles, hihi ! ». Là, je ne peux plus pousser l’hypocrisie, quand même. « Non, Ioulia, je pose ma dém demain, je pars dans un mois, normalement. » Elle devient toute blanche puis me demande où je pars. « Oh, c’est bien pour toi ! Mais tu m’abandonnes! ». Ouais, Ioulia a un sens très poussé du mélodrame, sa phrase culte étant : « tu m’as blessée jusqu’au sang » (que j’ai repris à l’occase). Je lui fais promettre de ne rien dire jusqu’au soir.




Le soir. On retrouve Sonia et je lui demande négligemment où elle en est niveau carrière. Des fois que…  Arrivés au resto, j’attends que l’apéro soit servi pour annoncer très fièrement : « Bon, Simon, Sonia, j’ai quelque chose à vous dire : demain, je démissionne ! ». Ouais, j’ai un peu le sens du spectacle aussi. Du coup, c’est un peu du lâchage en règle sur les collègues, j’apprends que Vanessa a quelques soucis relationnels avec les femmes et qu’elle a besoin de boucs émissaires pour justifier la mauvaise santé des sites. Ah… Mais pourquoi me prendre moi comme bouc émissaire ? Dès qu’elle me demande de faire un truc, je le fais sans contestation, je suis nulle dans ce rôle, c’est même pas drôle… Bon, ok, soit. Sonia souhaite postuler pour mon job donc tout a l’air de bien se goupiller.




Le vendredi, j’écris une première lettre de démission imprimée mais Simon me dit d’en faire une manuscrite, plutôt. Okayyyyyyy ! Du coup, avec Ioulia, on fait les connes et on fait des bisous avec du gloss sur ma lettre de démission imprimée qui ne partira donc jamais. On écrit aussi des conneries en polonais dessus. Une fois la lettre postée, j’envoie également un mail à Lénaïc pour lui expliquer la situation histoire qu’il ne soit pas surpris de recevoir cette lettre et surtout aller le plus vite possible pour confirmer côté Pubilon que
j’arriverai bien le 09.




Maintenant, avec Ioulia, on s’amuse à imaginer comment je pourrais annoncer ma démission de la façon la plus lourde de sens qui soit, j’avais envie de balancer un « oui, je pars pour un poste qui exploitera réellement mes compétences », quelque chose du genre. Parce que des fois, j’avais quand même la sensation que certains nous prenaient, nous les community managers, pour des idiots finis alors que si on nous avait donné des outils dignes de ce nom, tout aurait bien mieux roulé. Mais dans la presse traditionnelle, on a toujours tendance à considérer que le net, c’est gratuit donc inutile d’investir et que les internautes sont des cons qui cliquent où on leur dit de cliquer. Mais quand même suffisamment intelligents pour trouver nos forums et blogs cachés.

Ca va pas me manquer.

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6 réflexions sur “Ranafout time

  1. La demission coup d’eclat on y a tous pense un jour ou l’autre. Je travaille aux USA dans ce qui s’appelle un « at-will state », un etat ou un contrat de travail est valable tant que l’employeur et l’employe sont d’accord pour dire qu’il l’est. Delai de preavis: ZERO. Autant dire qu’a partir de la il y a moyen de partir en beaute (vider son bureau dans la nuit et ne jamais y remettre les pieds, claquer la porte d’une reunion et filer droit vers le parking). Mais tres peu de gens le font parce qu’au final une reputation pourrie c’est quelque chose dont on ne se releve pas. Alors quand on part on donne ses deux semaines de preavis (c’est le delai standard pour une separation en bon termes), on envoie un mail a tous ses collegues pour leur dire a quel point on a aime travailler avec des gens si intelligents sur des projets si passionnants (meme et surtout si on n’en pense pas un mot) et on pousse la porte de sortie avec le sourire.

  2. viiiiiiiiiite la suite!!!!! Après check des dates, tout cela est encore très frais, mais tu vas nous faire une série sur l’intégration dans ta nouvelle entreprise? (premier jour, rencontre avec le boss, premières réunions, nouveaux collègues, etc…….)

  3. ça n’a qu’un lien très indirect avec le billet, mais… Comme tu as raison s’agissant du web vu par les pros de la presse papier. Je reviens d’un stage: tous les gens avec qui j’ai bossé, dont je reconnais par ailleurs le professionnalisme, ont une méfiance de fait à l’égard du web. Pas du mépris, juste une sorte d’incompréhension, faute de pratique. Le débat sur le journalisme en ligne est loin d’être clos.
    Total: j’en ai vu se plaindre du petit nombre de visites, mais refuser par ailleurs de donner au site un contenu qui ferait son sel.

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