Le rêve fou de devenir responsable éditoriale


Après les retombées bloguesques de la soirée, tout se calme, le projet ultra secret disparaît plus ou moins des écrans de contrôle. Je reçois parfois quelques mails d’Hélène qui parle de ses rencontres avec Adèle Neuman, une blogueuse qui a
crée une plate forme féminine. Ok, super, ranafout. J’aime pas la plateforme d’Adèle en plus car même s’il y a de bonnes idées, il se vautre dans le manque flagrant de contenu et un quantitatif ennemi du qualitatif.


Sur ces entrefaites arrive Sonia, notre stagiaire. Blogueuse de longue date et habitant pas loin de chez moi, on sympathise toutes les deux très vite. Un jour, au détour d’une pause où je fumais et elle parlait, elle me parle de son déjeuner avec un blogueur « influent », comme on dit. Elle me demande comment créer une adresse @tggp.fr à son nom, je lui indique la démarche à suivre puis elle m’explique : « en fait, le blogueur m’a dit qu’ils cherchaient un responsable éditorial blog pour TMF et qu’il faut postuler vite. » QUOI ? Je retourne à mon poste furieuse. Je suis community manager depuis maintenant 6 mois chez eux, personne ne s’est jamais plaint de mon travail, j’ai joué les VRP pour la soirée blogueuse et quand ils veulent un responsable éditorial blog, ils ne me proposent même pas alors que ça coule complètement de source ? Car en gros, ce poste est « chef d’un réseau de blogueuses influentes qui écriraient pour nous ». Le fameux projet secret, le retour.

Je suis vraiment bouffée par la colère mais une fois un peu calmée, je me dis que je dois aussi jouer ma carte. J’écris donc un mail à Louise lui expliquant que j’étais très intéressée par le poste en soulignant le fait que j’avais travaillé à l’origine du projet donc il était logique qu’on pense à moi. Sur ces entrefaites, je pars en vacances. A peine arrivée en bord de mer, téléphone : « Ouais, Nina, c’est Louise, je sais que tu es en vacances mais écoute, j’ai parlé de toi pour le poste de responsable éditoriale à Jeanne Baron. Bon, elle, elle veut quelqu’un de l’extérieur mais je lui ai dit que tu étais bien donc appelle son assistante pour prendre rendez-vous. Bon, je ne te cache pas qu’à l’heure actuelle, y a Adèle Neuman sur le coup et elle est pas mal partie mais prends quand même rendez-vous ». J’exulte intérieurement mais je ne dis rien à mes parents. J’appelle le lendemain matin, rendez-vous est pris dès mon retour. Le reste des vacances, je passe mes heures de nage dans la mer à tirer des plans sur la comète même si j’ai tout à fait conscience que rien n’est joué. Mais responsable éditoriale à 28 ans, pas mal ! Limite, je m’angoisse : et après, c’est quoi la marche suivante ?

Retour de vacances. Le jour J, je suis sapée modasse. Juste avant de partir au rendez-vous, alors que je faisais mon pipi, mon téléphone sonne. C’est l’assistante de Jeanne Baron qui annule le rendez-vous et le reporte à la semaine suivante, 11h. Okayyyyyyyyy. Bon, ça tombe pas si mal, j’en profite pour peaufiner mes notes, je gribouille des idées sur mon carnet, les points forts et points faibles de pas mal de plates formes de filles (y compris celle d’Adèle), je suis parée. Au passage, Simon m’apprend qu’Adèle est hors jeu. Il faut savoir que la dame est PDG de sa boîte et demandait un salaire mirobolant et ils ont plutôt des oursins dans la poche chez TGGP pour tout ce qui concerne le web. En fait, pas que pour le web, je pense que sorti des journalistes stars, les salaires sont plutôt bas. Tous les indicateurs sont donc au vert.



Mardi matin : l’heure de l’entretien approche. Et je bascule dans Le diable s’habille en Prada.

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