Le déménagement ou bienvenue dans mon placard


 

Début février, c’est officiel : on va emménager dans nos nouveaux locaux, proche des Champs Elysées. Les champs, c’est typiquement le quartier que j’aimais bien à mon arrivée sur Paris et maintenant, je sais pourquoi je l’aimais bien : parce que je n’y allais jamais. Oui, c’est beau, majestueux, impressionnant mais surtout sale et plein de monde perdu en permanence. Y a des endroits tests comme ça : à partir du moment où on ne les supporte plus, c’est qu’on est devenus de vrais Parisiens. C’est le cas du Sacré Coeur – Place du tertre aussi ou des Halles. Par contre, la Tour Eiffel, moi, je l’aime toujours.

Revenons à nos moutons. Avant le déménagement, nous avons droit à une visite des locaux vides. En cheminant du métro à la rue en question, on croise des boutiques grand luxe (et encore, je ne suis passée par l’avenue Montaigne que plus tard), des étrangers surfriqués. Mais qu’est-ce que je fous là ? Bon, les locaux ont une disposition étrange, je ne comprends pas comment on accède à certains bureaux et le lieu a sacrément besoin d’être rafraîchi mais y a pire. De toute façon, on ne m’a toujours pas demandé mon avis et c’est sans doute parce qu’il ne sera jamais pris en compte. Okayyyyyyyy…




De retour au bureau, on reçoit la disposition des uns et des autres avec notre numéro de poste et que vois-je ? Mon numéro est attribué à « Nina stagiaire ». Plaît-il ? Je ris jaune et demande à l’assistante de direction si j’ai été virée sans le savoir mais elle m’explique qu’elle a fait des saisies automatiques dans excel et qu’il y a une Nina stagiaire dans la rédaction de Cinemart, notre journal consacré au cinéma, donc. Okayyyyyyyy… Je sais que je me focalise sur un détail mais ça confirme mon sentiment : je cours droit vers une placardisation.


On fait nos petits cartons, on gagne un RTT pour le déménagement vu que le net ne sera raccordé que vers 17H et sans le net, je suis en chômage technique. Premier jour de boulot et finalement, je découvre qu’un bureau pour trois, c’est bien surtout que je n’ai personne derrière moi donc je peux regarder ce que je veux sur le net sans que personne ne s’aperçoive de rien. Même si lire des blogs fait un peu partie de mon travail aussi. En plus Ioulia et Simon sont des camarades de bureau agréables, on développe des private jokes de malade. Bon, la cantine est globalement dégueu, un bon goût qui rappelle le resto universitaire mais peu importe. Finalement, je m’étais inquiétée pour rien.

Mais s’il y a une chose que j’ai apprise dans la vie, c’est que mes premières intuitions ne me trompent jamais. Sur le plateau, on est le bureau le plus calme et le plus silencieux, limite on nous oublie, dit-on de nous. Nous oublier, oui, c’est le mot…

Parce qu’en plus de la délocalisation physique, d’autres éléments allaient jouer contre moi.

Je sais, je suis chiante avec ma façon de finir mes articles comme un mauvais soap opéra.

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