Journal d’une future démissionnaire

 

Parfois dans la vie, il y a des décisions qui s’imposent d’elles même. J’ai souvent comparé la vie professionnelle à la vie amoureuse et je continue à penser que c’est un bon parallèle. Et quand tu commences à étouffer dans ton boulot et que la situation ne s’améliore pas, il est temps de penser à la rupture. On appelle ça une démission.



Bien entendu, je sais que vous n’êtes pas idiots : mon blog est connu de pas mal de mes collègues, je ne parlerais pas de démission si je ne l’avais déjà posée. Mais ne commençons pas cette série par la fin, revenons en aux fondamentaux de cette histoire d’amour tumultueuse entre TGGP et moi.

Comme dans toute relation, les premiers mois sont idylliques. Quand je relis les articles que je faisais à l’époque, ça respire la fille heureuse de vivre. Je récoltais les compliments, je sentais une marge de progression énorme, on avait notamment un projet « secret » communautaire avec TMF et je me sentais bien intégrée dans l’équipe, on bossait bien tout en se payant de bonnes tranches de rire. Je sais que quoi qu’il arrive, je considère la période allant d’octobre 2007 à février 2008 comme un moment particulièrement heureux de ma vie où je me sentais vraiment bien dans ma peau, je m’en émerveillais moi même par moment.


Motivée, je l’étais. J’étais sur le pont dès qu’on me demandait quelque chose, j’avais géré avec brio la plainte d’une célèbre journaliste blonde qui nous avait mis en demeure de retirer du forum un sujet parlant de sa liaison avec notre cher président et au bout de 3 mois, ma période d’essai était validée. J’avais eu en outre l’occasion de rencontrer THE journaliste féminine, la fille à côté de qui je suis une sous merde tant elle a tout fait et qui vit dans un appart qui fait trois ou quatre fois le mien (j’ai vu que le salon) avec poutres apparentes dans le 6e. Si je pars un jour vivre dans le 6e, ce ne sera certainement pas avant mes 40 ans et après un mariage fructueux. J’avais également pu former deux éditorialistes du magazine et la rédaction beauté (qui n’a jamais tenu son blog par la suite). J’ai considéré que si on me laissait parler à des sommités pareilles pour leur expliquer le rudiment du blog, c’est qu’on me faisait confiance. En fait, le fruit TMF était gâté dès le départ mais je n’en ai pas eu conscience avant un moment.


Puis il y a eu la première crise que j’avais pressentie sans vraiment m’en inquiéter non plus. Après les entretiens annuels qui n’avaient rien représenté pour moi puisque je travaillais là depuis à peine deux mois, la terrible nouvelle est tombée : le service communauté déménage. En effet, les bureaux où nous étions devenaient un peu trop petits et il était urgent de délocaliser une partie de l’équipe. Je prends assez mal la nouvelle, ne comprenant pas pourquoi on nous désolidarise du reste de l’équipe (le référencement, la promo, les chefs de projet, les développeurs, les éditeurs, tous ces gens avec qui on parle très régulièrement). On m’explique que si, c’est logique, on part avec les rédactions. Sauf que sur les trois rédactions présentes dans le nouveau bureau, je ne travaille avec aucune d’entre elles. Mais vu qu’il était illogique de me désolidariser de Ioulia et Simon, je pars avec eux. Je ne suis pas contente du tout mais c’est pas comme si quelqu’un se préoccupait de mon avis.

Et pourtant, je le sentais : ce déménagement allait me nuire.

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18 réflexions au sujet de « Journal d’une future démissionnaire »

  1. désolé de ma candeur, je ne suis pas le microcosme de l’edition ou des potins connus, je suis un pur rural vivant en ermite, habillé de peaux de moutons…etc…breton en prime !! …mais cé ki cette journaliste blonde …?????? j’vois pas là…. un indice pour me rendre moins ignorant…sinon filer sa dem est toujours une période creatrice et profondement jouissive sur le plan affirmation de soi : profite en.

  2. mel dit :

    bien d’accord avec toi sauf qu’il existe maintenant une intermédiaire entre la démision et le licenciement, un truc bien pratique qui s’appelle la rupture conventionnelle.

  3. KHK dit :

    Eh oui, ce que tu écris concernant le démenagement de ton service correspond à ce que j’ai déjà vu souvent dans des grosses boites: On ne comprend pas toujours la logique derriere certains réorganisations/démenagements. Et même si ça coute parfois un argent fou, peu importe si ça fait plaisir à certains chefs… Ca semble être comme avec les impôts ou charges sociales souvent…

    Il est vrai que il y a depuis peu grace à Sarkozy la rupture conventionnelle. Tu reçois plus des sous qu’en démissionant et tu gardes des droits aux ASSEDICS. Si possible, ça serait préférable à une démission.

    Bon chance dans ta nouvelle vie professionelle par avance!

  4. la rupture conventionnelle, c’est un licenciement à l’amiable. En gros, tu as les mêmes droits que quelqu’un qui est licencié économique (prime + Assedic) sauf que c’est une décision prise de concert avec ton employeur.

  5. La rupture conventiomachin ne semble intéressante que si on part sans avoir autre chose derrière (rapport aux assedics), si on part pour un autre taff, autant prendre son solde de tout compte!

  6. Bertrand dit :

    Pour rebondir sur les autres commentaires, la rupture conventionnelle aurait été quand même une meilleure alternative. Il n’y a aucun préavis sauf le fait d’attendre le délai pour l’homologation par la DDTE et surtout, tu n’aurais pas perdu ton indemnité de licenciement (indemnité à laquelle tu n’as pas droit en démissionnant).

    Enfin, il y a bien sûr la conséquence reine qui fait tout l’intérêt de la rupture conventionnelle, à savoir qu’elle ouvre droit à l’assurance chômage, ce que ne permet pas la démission, sauf dans certains cas légitimes assez restrictifs.

    Autant dire que j’espère que tu démissionnes bien pour un autre travail. Sinon, c’est un bien mauvais calcul.

  7. Arf. Me sens moins seule dans le monde des démissionnaires en puissance!!
    Pour moi, l’annonce du départ est prévue demain, et à l’heure qu’il est, je m’attaque les 2èmes phallanges, là. Je fais encore partie de ces gens qui s’excuseraient presque de quitter un job merdique…
    Dans l’attente de la suite…!

  8. KHK dit :

    Ce que tu fais depend certes toujours de la situation… Je ne veux pas être pessimiste mais je connais des gens pour lequels la période d’essai s’est terminé prématurement contre leur gré… Et dans ce cas tu es penalisée au niveau ASSEDIC si tu as déminssionée. Ce ‘nest pas le cas avec une rupture conventionnelle…

    Cocnernant le préavis, dans mon domaine, si des gens sont licenciés, ils n’effectuent quasiment jamais le prévis payé bien sur car il pourraient faire des dégâts pendant ce temps… Je ne sais pas comment c’est dans ton domaine…

  9. KHK dit :

    Oh, on peut toujours mal travailler sans faire des fautes lourdes. Mais tout dépend bien sur si tu as quelque chose de mieux et une décision rapide s’impose…

    T’as raison en écrivant :

    A envisager le pire, on ne fait jamais rien.

    Mais en ce moment de crise (je sais tout le monde parle trop de crise)…

    Moi, j’ai été licencié une fois mais comme je voulais de toute façon m’en aller mais de préference pas sans rien après un certain nombre chez eux (le PDG ne partent aussi rarement sans rien…), ça m’a arrangé plustôt… Et pendant le préavis non effectué j’ai voyagé et cherché et trouvé quelque chose de mieux…

  10. E. dit :

    Je veux pas dire (trop) de conneries mais je crois que même si tu as démissionné, si ta période d’essai s’arrête tu es indemnisé.

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