De la guerre, de Bertrand Bonello

Par Bobby

Chronique cinéma

Un film bizarre, vraiment. De la guerre s’ouvre, rien que par le nom, comme une sorte d’essai. On est au bord de l’expérimental, voire complètement dedans. Alors forcément, c’est difficile à aborder.


L’histoire, c’est un cinéaste fasciné par la mort qui se retrouve dans une étrange secte où la doctrine impose un retrait de la société et une préparation au combat, une sorte de combat mystique, davantage contre soi-même et les contingences sociales (amours, amitiés, famille, travail), contre l’angoisse et le stress des villes.

Voici alors une succession de scènes dont la temporalité et l’enchaînement nous déstabilisent, et il semblerait même que le seul pivot du film, ce soit Mathieu Amalric, qui incarne le personnage principal (et qui, dans l’histoire, se nomme Bertrand Bonello, comme le réalisateur).

En gros, si Amalric vous sort par les trous de nez, n’y allez pas, vous allez souffrir.

Le film nous surprend en citant d’autres œuvres cinématographiques, comme le ferait un livre : on y voit des scènes d’eXistenZ, de David Cronenberg, on y entend la bande son d’Apocalypse Now, de Coppola, et le système des chapitres n’est pas sans rappeler Salo ou les 120 journées de Sodome, de Pasolini. Or, vous savez, à l’école, on nous apprend qu’il ne faut pas citer quelque chose sans que ça apporte autre chose, que ça éclaire le sujet. Eh bien ici, les citations m’ont parue muettes, elles ne semblent ici que pour faire joli, que pour satisfaire un plaisir du réalisateur. Alors ok, certes, on est dans un registre expérimental, le but est peut-être davantage de
nous immerger dans la tête du réalisateur que de nous raconter une gentille histoire « début-milieu-fin ». Ouais. N’empêche que.

Je vais quand même saluer la beauté des images, vraiment, une photographie superbe, la bande-son qui l’accompagne assez poignante également (notamment une scène de transe en forêt, tout simplement sublime).

Ce n’est pas un film qui jouera avec vos émotions. C’est un film visuel, à regarder comme un tableau. La question est : a-t-on envie de regarder un tableau pendant 2h10 ?

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3 réflexions sur “De la guerre, de Bertrand Bonello

  1. en tout cas il n’est resté qu’une semaine à l’affiche ici dans l’abysse de l’exploitation du cinéma français, je vous laisse deviner d’où je suis. et ça me laisse un gout d’amertume consommé dans la bouche parceque j’aurais bien voulu juger par moi même. le débat au cercle de canal m’a intrigué, et a priori Amalric, Hesme et consort c’est fait pour me plaire.
    mais voilà pas moyen de le voir si on avait pas de tunes la bonne semaine, idem pour les frontières de l’aube de Garrel qui lui n’est tout simplement pas sorti du tout ici.

  2. Oh tu sais Bobby, après Aguirre ou la colère de Dieu, je crois que n’importe quel film d’ordre contemplatif est regardable.
    D’ailleurs, Aguirre est un chef d’oeuvre. Un chef d’oeuvre chiant de par sa lenteur et longueur, mais un chef d’oeuvre de part tout le reste.

  3. Bonjour,

    Et bien moi j’habite à Aix-en-Provence et le film n’est resté en effet qu’une semaine à l’affiche. Je me suis donc précipité dimanche 26 octobre pour le voir. Et j’ai bien eu tors !!! Quelle grosse déception. Il ne faut pas se fier au casting de 1er ordre, les acteurs se sont aussi fait avoir. Il vaut mieux revoir Almaric dans tous les Desplechin, Elodie Hesme dans « Les chansosns d’amour » ou « Le fils de l’épicier par exemple ». Quant au regretté Guillaume Depardieu, retenons comme dernier grand rôle celui du SDF qui s’occupe d’un petit garçon dans « Versailles » sorti en septembre. Il y était d’une humanité et profondeur que le film de Bonello n’éfleure même pas. « De la Guerre » est prétentieux, ennuyeux et même malsain dans son apologie vaine des sectes. Je n’y ai pas du tout vu une réminiscence des communautés soixantehuitardes. Les références à Dylan, Coppola etc. sont vides de sens. Oui la nature est magnifique. La photo est belle. Et alors ? Il n’y a rien de contemplatif, rien d’émotionnel dans ce film. Mais rien de cérébral et d’intellectuel non plus. Ou alors j’ai vraiment tout loupé. Je ne suis pas une spécialiste du cinéma, mais je suis tout de même très cinéphile, adepte des films d’auteur et expériences filmiques. Mais celle-ci ne vaut vraiment pas le coup. Si vous voulez revoir l’histoire d’un type faisant une expérience limite revoyez « Fight club » par exemple. Comme film français d’auteur qui valaient le coup ce mois-ci il y a eu le poétique « La Frontière de l’aube » de Philippe Garrel et « La belle personne » de Honoré, 2 films sincères qui s’adressent aux spectateurs. Alors que Bonello se regarde le nombril avec son autofiction malsaine. Ca lui a sûrement pourtant coûté plus cher que d’aller chez le psy !
    ALIENOR.

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