Y a quelqu’’un qui m’’a dit… que… tu m’’aimais zencorezzzzzzzz…

Dimanche de Pâques, à l’heure où les enfants cherchent du chocolat dans le jardin, de quoi vous parler ? J’aurais pu vous raconter les Pâques de mon enfance, photo à l’appui mais en fait, ça, je le ferai soit demain, soit jamais. Non, aujourd’hui, je vais vous parler musique… Si on peut appeler ça comme ça.

 

Imaginez que vous êtes un artiste musical, que vous galérez comme un malade pour approcher les maisons de disque parce que, bon, c’est un peu un univers impitoyable, tout ça. Vous avez fait 30 maquettes, courrez les festivals, les cafés concerts et tout ça. A côté de vous passe une pouffe qui ne sait pas chanter, a appris trois accords à la guitare vite fait et hop, elle vend je sais pas combien de millions de disque. La différence ? Quand vous, vous vous appelez Jean(ne) Dupont, elle, elle s’appelle Carla Bruni. Bon, je préviens de suite, je honnis Carla Bruni. Le fait qu’elle ne sache pas chanter (mais alors vraiment pas), déjà, c’est discutable mais les textes sont à la hauteur de sa voix : nullissimes. Oui, je suis pas objective mais moi, Carla, j’entends une de ses chansons, je me sens profondément dépressive. N’allez pas croire que je vénère les chanteuses à voix, je suis fan de Camille, Emilie Simon ou Adrienne Pauly (elle est top, elle, elle me fout trop la patate). Mais Carla, non, c’est au-dessus de mes forces.

 

Je stigmatise Carla mais combien de célébrités se sont payés le luxe de sortir un album, capitalisant plus sur leur nom que sur un hypothétique talent ? Allons visiter les bacs virtuels de la FNAC (oui, j’ai pas de FNAC à moins de 50 km de chez mes parents). Emmanuelle Seigner, Carla Bruni, Yvan Le Bolloch (je sais pas l’écrire), Gérard Darmon, Charlotte Gainsbourg, Elie Semoun, Victoria Abril… Et ça, c’est juste ceux qui me passent par la tête. Sans parler des fils de… Bon, là, je vois déjà les comms « non mais vas-y, tu critiques mais moi, j’aime bien l’album de machin et t’en ferais pas autant, toi ! ». Ok mais déjà, j’aurais pas l’idée de faire un disque alors que c’est pas mon métier. Et puis « Nina
Bartoldi », c’est pas (encore) bankable comme nom. Et mon vrai nom, encore pire. Donc y a pas un Benjamin Biolay, un Pascal Obispo ou une Zazie qui vont m’écrire un album. Quoi que je serais bien emmerdée s’ils le faisaient… Bref, personne ne miserait un kopeck sur ma personne, ni artistes, ni maisons de disque.

 

Là, j’entends la foule huer : « non mais tu sais chanter au moins ? ». Heu… Parce que tous les gens sus-cités savent eux ? Imaginons que je sois célèbre
mais pas chanteuse, genre je deviens la comique à la mode avec mon one woman show qui tue. Je suis un peu la people incontournable, on prend des photos de George et moi en train de se rouler des pelles, un peu le cauchemar, quoi. Un jour, mon agent m’appelle (oui, une célébrité, ça a un agent, c’est comme ça). « Bon Nina, t’es au top, on va faire un disque.

Mais je suis pas chanteuse, moi…

C’est pas grave ! Tu crois qu’il sait chanter Elie Semoun ?

Ahahah !

Bon, alors, y a Benjamin Biolay et Carla Bruni qui sont ok pour t’écrire des chansons.

Ouais mais je les aime pas. On pourrait pas demander à Jorane plutôt ?

Qui ?
Une violoncelliste québécoise.
– Elle est connue ?
Pas particulièrement.
Alors non. »

Oui, je sais, j’exagère mais ça m’agace comme des gens qui sont aussi doués pour le gens que moi pour l’athlétisme sortent des CD parce que leur nom est connu. Si ça les amuse de chanter, qu’ils s’achètent du matériel karaoké et qu’ils laissent la place à de vrais artistes.

Et je parle de la musique pour pas parler des livres parce que là, ça rime à n’importe quoi. Mimi Mathy sort un bouquin pour raconter sa love story avec son mari, Loana et sa vie, Pamela Anderson et sa vie, Charlotte Valandrey et son combat contre le SIDA… Non mais sans déconner, qu’est-ce qu’on en a à foutre ? D’abord, c’est même pas eux qui les écrivent et ensuite, on passe à côté de mecs méga talentueux avec des idées géniales mais dont le script prend la poussière chez les éditeurs.
 

Alors, évidemment, vous allez me dire « ben oui, c’est dégueulasse, c’est le système ». Une Mélissa Theriau a plus de chances de présenter Capital que Mireille Meunier, brillante journaliste mais pas forcément très jolie, une Mimi Mathy aura un rendez-vous chez l’éditeur et un producteur de disque prêtera une oreille attentive à Carla Bruni. Mais moi, Carla, je lui prêterai pas mes oreilles, pour ce qu’elle en fait !

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21 réflexions sur “Y a quelqu’’un qui m’’a dit… que… tu m’’aimais zencorezzzzzzzz…

  1. Depuis quand tu postes à 1h du mat’ ? Bon ça se voit que moi non plus j’avais rien à foutre ce soir, bref…
    Carla est belle, célèbre, super sexy avec son manche entre les mains donc oui, elle a le droit de sortir un album. Clara morgane est bandante avec son micro dans la bouche donc oui, elle a le droit de sortir un single. Ah si seulement ils avaient appliqué ce principe de base à Marianne James, on aurais pas à supporter sa cellulite à l’écran. Mais je m’égare là…
    Y a des « fils de » qui sont pas mauvais comme M par exemple. Tu peux pas leur en vouloir de réussir à ces pauvres gens.

  2. Ca me rappelle ma jeunesse et une vieille planche d’un Gaston Lagaffe, avec cette phrase qu’un personnage dont j’ai paumé le nom prononçait pour lui-même : « Qu’est-ce que vous voulez lui répondre, quand il a raison ? » 😉

  3. Voila une idée que l’on partage. La notoriété ouvre toutes les portes. Pire, elle devient héréditaire ! Etre le fils d’un acteur fait que l’on devient très facilement acteur. Le show biz n’est-il pas devenu un substitut à la monarchie ? On est star de père en fils.

  4. Joyeuses Pâques et gare aux abus .. hihi

    Sinon, Elie Semoun par exemple, j’ai vu et entendu un de ces titres, c’était, euhhh, digne de moi quand j’ai un peu bu, mais lui, il gagne de l’argent pour ça, snifff.

    Passe un bon week-end !!! Biz 😉

    PS : Et au fait, ton anniversaire, déjà fêté ou pas ?

  5. Je vais me faire l’avocat du diable. Il y a un siècle encore les artisans ou commerçants de père en fils n’étaient pas rares de même que les ouvrier de père en fils et s’il n’y avait pas difficulté à trouver du travail ce serait encore certainement vrai dans les régions industrielles. Plus la famille est aisée, plus l’accès aux études supérieures ou aux grandes études est facilité, les pauvres restent souvent pauvres. Beaucoup de choses ont un côté « monarchique ». Je suppose Nina que si tu avais de la famille dans le journalisme tu aurais peut-être plus de faciliter à trouver des stages ou un boulot, bien que ça s’améliore très positivement. Il y a un côté épiphénomène dans les fils et filles de. Il peut se passer la même chose à l’échelle de classes sociales ou dans le milieu professionnel sauf que là c’est public et aux yeux de tout le monde. Question de connaissance et connaissances. Les biographies ne me semblent pas l’apannage des peoples, des inconnus en font sur leur histoire, les peoples peuvent être moins intéressants intrinsèquement mais leur notoriété attire, c’est une autre forme d’intérêt, rageante puisqu’il faut avoir le truc en plus pour lutter mais peut-on leur reprocher cette notoriété?
    Et puis franchement Éva Green dans « Dreamers » ne présente-t-elle de bons arguments en faveur des filles de? OK je sors.

    PS: un peu de maths pour relever le niveau, sachant que mon code de validation est GZQ, combien vaut Z?

  6. Je n’écoute jamais de musique à la radio, sauf pas accident sur de longs trajets nocturnes. Je zappe toutes les émissions – même sur France Cul – où des artistes sont invités à parler de leur travail. Le « monde du spectacle » m’ennuie terriblement, peut-être parce que j’en ai longtemps fréquenté les coulisses.

    Donc, quand je suis tombé sur « Quelqu’un m’a dit » je n’avais jamais entendu le nom de Carla Bruni et encore moins son histoire, mais je n’ai eu de cesse d’acheter le CD et de l’offrir à des amis, musicien(ne)s pour la plupart, qui ne connaissaient rien non plus au monde du show biz ni aux petits potins des émissions people. Nous avons plébiscité ce disque pour sa musicalité. Je ne sais pas ce que cette chanteuse a fait ni avant ni après, cela ne m’intéresse pas, sauf que son père était paraît-il chef d’orchestre, ce qui pourrait expliquer nos coups de coeur pour ce disque en particulier. De tous les autres artistes que tu cites dans ton article, je n’ai rien attendu qui attire suffisamment mon attention pour noter le nom de l’auteur-interprète… Donc je ne vais pas polémiquer sur les uns qui seraient plus méritants que les autres, mais je voudrais rappeler que parmi les auditeurs (même accidentels) il y en a qui ont des oreilles, des goûts musicaux, et ne se contentent pas de consommer des produits de la grande distribution.

    Il est évident que les artistes sont de plus en plus lancés comme des paquets de lessive, sur de simples critères de rentablité économique – j’ai même entendu parler de la Star Ac’ – mais dans le monde des arts du spectacles il y a seulement deux manières de péréniser une carrière : faire du racolage ou avoir du talent. Les deux demandent beaucoup de travail et surtout une perception fine des réactions du public.

    Pour résumer, je ne crois pas du tout à l’artiste maudit, bien que j’aie vécu longtemps avec de ceux/celles qui se cognaient le nez aux institutions du spectacle ou aux maisons d’éditions. Celles/ceux qui ont vraiment quelque chose à dire (et que d’autres avaient envie/besoin d’entendre) finissent par trouver un créneau qui n’a rien à voir avec les chemins tout tracés par les fantasmes de réussite et de célébrité.

  7. Tiens, pour parler de vrais musiciens et de violoncelle, ça me fait penser à Vincent Segal, le cello de Bumcello, la basse de M.
    Cet homme est un vrai touche-à-tout : M, Jeanne Cherhal, Susheela Raman, Keziah Jones, les rappeurs de Blackalicious.
    Epatant ! De l’expérimentation dans tous les sens. Chaudement recommandé ! Bonne écoute 🙂

  8. Moi je dis: heureusement que Sofia Coppola ait baigné dans le cinéma et que ca lui ait ouvert sa vocation. Ca lui aura permi de réaliser un des plus beau film (a mon gout) qui est « lost in translation ».
    Je ne plains pas les « fils de » mais bon quand l’un ou l’autre se décide a faire comme papa, c’est peut être aisé pour se faire produire, mais beaucoup moins de subir la comparaison.

    Gwouigwoui a cité Jeanne Cherhal, je le conseille vivement son écoute.

  9. Fustiger la bouillie commerciale sirupeuse moisie qu’on entend à la radio, c’est une noble quête, mais le cheval de bataille choisi est mauvais à mon sens. Y’a bien plus pourrave que Carla bruni. Je n’aime pas le personnage, mais musicalement ca se tient. D’autant que c’est Bertignac qui est à l’arrangement et que c’est pas un branquignole qui suit les codes des productions de supemarché actuelle. Après on aime ou pas c’est certain. Et puis elle se débrouille la bruni avec un manche de guitare entre les mains. C’est pas comme Johnny qui fait semblant de jouer depuis 40 ans hein…je vois pas en quoi être un artiste multitaches est condamnable tant que ca se tient un temps soit peu. Et Carla bruni, bien que je n’accroche pas du tout à ce qu’elle fait, ben ca se tient. Quant aux paroles complétement connes, traduisez les plus grand hits des stars anglo-phone (genre beatles, rolling stones et compagnie), c’est pas un condensé de philosophie non plus…pourtant qui remettrait leur vocation en question…

  10. je pense que le pire, c’est les gens qui achetent =s, n’ont pas que je critique leur gout (en fait si) mais quand tu vois des gens comme tony parker ou autres faire au moin 50 000 exemplaires c moches pour les petits artitstes qui rame deja a faire presser leur disque mais en plus a les vendres… a marketing quand tu nous tient

  11. MlIl est vrai que c’est facile pour un ex manequin connu mais les paroles de Carrrla Bruni, je les trouve pas déguelasses moi. En revanche le « personnage » m’agace…avec sa spiritualité de circonstance…comme si elle pouvait l’être du matin au soir…elle en fait trop!

  12. Tiens, c’est le moment de ressortir de sujet, sur la croqueuse d’hommes…
    Je précise qu’en général, j’aime bien ces chansons, mais je n’ai pas l’oreille musicale…
    Après sur les « fils de », phénomène qui ne touche pas que le show-biz évidemment, j’ai l’impression que si le rôle de l’hérédité dans la réussite sociale est moins horriblement marqué qu’il y a 300 ans, où c’était carrément la loi et les privilèges qui maintenanient les inégalités de naissance, il est quand même aujourd’hui nettement plus marqué qu’il y a 50 ans. J’ai l’impression que l’ascenseur social fonctionnait mieux avant…
    Aujourd’hui, comme le dit Nina, l’ingalité n’est pas légale, mais elle se fait au niveau du réseau, de l’accés à l’informations, où les ‘fils de » ont un énorme avantage sur le pékin moyen, tout aussi, voire plus méritant…

  13. Oui, il y a vraiment des perles dans ce que tu as écrit… Bravo encore pour ce blog, et tout ce qui y a été écrit…Il y a forcément desarticles meilleurs que d’autres, mais grosso-modo, tu arrives toujours à sortir un article potable, et ce chaque jour…
    Bien sûr, l’article de Diane était superbe, mais tu en as fais déjà des aussi captivants, et tu en referas…
    Et, merci pour ton quotidien…
    Moi, sur mon blog, ma production n’est pas régulière, et je le sens bien que la qualité de mes articles est, elle, aussi irrégulière… même si je serais incapable de dire lequel est le meilleur, car finalement, on n’est toujours un peu insatisfaits…
    Mais mieux vaut écrire que ne rien faire, non ?

  14. Bah, tout est question de forme. Là, je dois écrire des articles pour la fin de semaine et vu que je suis actuellement très droguée (actifed, humex et miel), j’ai peur de faire de l’incompréhensible.

    En général, mieux je vais, plus les articles sont fluides. Le pire, c’est quand j’ai vraiment pas le moral, je fais des phrases interminables et tout…

  15. Oui, moi je n’ai p&as besoin d’être malade pour faire des phrases ampoulées..
    Mais, c’est vrai que ce qui se lit bien, c’est quand même les phrases courtes (mais en même temps faut qu’elle soit riches »
    En tout cas, bon rétablissement à toi, Nina…

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