Le jeu de l’’interview

Quand on est journaliste, il est un exercice auquel on ne peut couper : l’interview. Il y a bien sûr l’interview classique qu’on reproduit telle quelle dans le journal mais aussi l’interview qui sert de base pour écrire un article, avec citation à l’appui. Par exemple, quand je bossais dans le milieu du rugby, j’interviewais les joueurs à la fin du match mais je les intégrais dans l’article de résumé du match.
TV reporter with microphone, Tv interview 

J’avoue que l’interview est, de très loin, mon exercice préféré. La raison est très simple : ça permet de rencontrer des gens et discuter avec eux. Evidemment, rien ne vaut l’interview en face à face mais c’est pas toujours possible surtout que le journalisme, aujourd’hui, ça se passe surtout par téléphone. Donc bon, dès qu’il y a possibilité d’aller sur le terrain, je suis ravie. Pourtant, l’interview n’est pas toujours facile, réservés s’abstenir. Bon, bien sûr, y a les interviews faciles en face à face dans un lieu tranquille (généralement un café) mais après, y a les interviews de type micro-trottoir, le but du jeu étant de sauter sur les gens dans la rue pour qu’ils répondent à des questions. Et c’est parfois très drôle. Je me souviens d’une fois où je faisais un micro-trottoir avec Julien pour la radio, on se balade donc avec notre mini disc enregistreur équipé d’un micro. A un moment, on aborde une nana de 25 ans à peu près avec sa mamie pour un micro-trottoir sur les femmes. On pose nos questions et tout puis à la fin, la nana nous fait : « c’est pour la télé ? ». Heu, comment dire ? On n’a pas de caméras, ça te donne pas un indice ?

 

Bon, les interviewés, y a des bons et des mauvais. Oui parce que moi, je suis une super journaliste, je pose que des questions pertinentes ! Qu’est-ce qu’un mauvais interviewé. Tout connement quelqu’un qui n’a rien à dire et qui ne répond rien d’autre que « oui », « non », « je sais pas ». Le cauchemar. Non parce que quand vous avez un papier à faire, on vous impose une longueur et les monosyllabes, ça aide pas. Bon, c’est vrai que dans les micro-trottoirs, c’est pas évident que les gens soient inspirés par mes questions. Je me souviens une fois où je devais faire un micro-trott’ sur une foire aux vins à côté de chez moi. « Vous allez dans les foires aux vins ?

– Non
– Pourquoi ?
– C’est mon mari qui achète le vin, je n’y connais rien.
– Mais vous pensez que c’est bien ces foires aux vins ?
– Heu… Oui, sans doute. »

Allez, toi aussi, rédige un article avec ça. Du coup, pour remplir un peu, je faisais du « Si je vais dans les foires aux vins ? J’avoue que non car c’est mon mari qui se charge de ça. Moi, je n’y connais rien mais je pense que les foire aux vins sont une manifestation intéressante pour ceux qui s’y connaissent ». Tatan ! Mais y a aussi ceux qu’on interroge sur leur métier, sur un domaine qu’ils connaissent sur le bout des doigts, mais que vous faites visiblement chier. Eux aussi pratiquent la monosyllabe et faut les bombarder de questions pour arriver à avoir de quoi rédiger quelques lignes. Une vraie joute verbale…

 

Mais après, y a les interviewés de rêve, ceux qui ont des choses à dire et qui le disent bien. Ce genre de personnes à qui vous n’avez presque pas besoin de poser de questions tellement ils ont de choses à dire. Limite, vous leur filez le stylo et ils écrivent le papier tout seul. Je me souviens d’une fois où je couvrais un festival, j’avais interviewé un organisateur bien mignon qui m’avait donné de quoi écrire un livre sur le festival, limite. L’histoire du festival, la programmation de l’année avec moults détails, des anecdotes, des artistes qui se sont produits précédemment… Il m’avait fait faire le tour du village transformé pour l’occasion, me montrant les installation, et tout. Du pain béni.

 

Hier, j’ai eu l’interview de rêve, aussi. J’avais rendez-vous avec Emilie Maume, j’ai parlé de son livre il y a quelques temps ici même. A 18h, je retrouve donc la jeune demoiselle à Montparnasse et le bon contact est plutôt rassurant : elle est souriante et jolie, Emilie (ok, elle est pourrie ma blague, on doit lui faire 50 fois par jour mais d’un autre côté, s’appeler Emilie et ne pas entendre « ah Emilie jolie ! », ça doit être vexant, finalement). Une petite brunette au charme naturel, elle m’a fait penser à LilVirgo, dans le style. Bon, vu qu’on a presque le même âge, on passe direct au tutoiement et on commence l’interview. Bon, alors par rapport à ce que j’ai dit la dernière fois, Emilie a galéré elle aussi et ne se plaint pas juste parce qu’elle sort de Science Po. D’abord, elle a fait plein d’autres trucs et ce qu’elle dit, moi, je suis tout à fait d’accord. En plus, c’est marrant, on a fait des études d’histoire toutes les deux et quand je lui demande son sujet, elle me répond « les Indiens du Québec à l’époque moderne ». Bon, Emilie, c’est ma nouvelle meilleure amie ! Bref, Emilie, c’est l’interviewée rêvée : non seulement, elle a des choses à dire mais elle le fait bien. Du coup, j’ai juste qu’à retranscrire, aucun travail de réécriture, l’idéal.

 

Du coup, je suis partie de cet entretien enchantée. J’adore travailler quand tout se déroule parfaitement comme ça, un vrai bonheur ! D’ailleurs, à la fin de l’interview, on s’est dit que ce serait sympa d’aller boire un verre dans un cadre moins formel. Hé ouais, le boulot, c’est pas toujours chiant !  

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22 réflexions sur “Le jeu de l’’interview

  1. Anecdote….
    Il y a quelques mois je suis allé au Palais Brongnart où avait lieu le SALON DES HAUTS POTENTIELS. Bon je precise que je suis en train de finir une ecole de commerce dite superieure à Reims. Alors j’ai pris ma camera, mon bagout et je suis allé interroger les gens.
    « Bonjour, est-ce que tu peux m’expliquer en quoi tu es un haut potentiel? » (oui je suis un peu taquin…)

    Sur 25 personnes j’ai eu 4 connards qui n’ont même pas daigné repondre et une seule reponse intelligente… Un seul mec qui ne se definissait pas en premier lieu par son niveau d’etude et/ou formation…

  2. d,C’est sûr que quand on aime son métier et que tt s’y passe bien, la vie devient plus agrèable.

    Et les rencontres peuvent devenir de belles amitiés.

    Delph’ nouvelle arrivante

  3. Moi je réalise une série amateur qui se déroule dans le milieu du journalisme. J’aimerais bien te montrer ce que ça donne, Nina. (hihi même que je joue dedans, tu me vois en journaliste? :P)

  4. L’interview…Que de styles différents d’interview…

    Comme tu dis, tu as l’interview fermée (bon courage pour rédiger…oui, euh, non, j’aime bien, je n’aime pas!! Ils n’ont pas appris à prononcer plus de trois mois ? :s), le micro trottoir (c’est bien quand les gens ne t’envoie pas balader lol), ceux que tu fais chié…

    Mais aussi les interviews que tu penses chiante et qui s’avère être très intéressante (et le contraire aussi…lol), l’interview futurs potes (tu restes en contact, ils t’invitent à leurs soirées), les interviews future copine future ex (autant joindre l’utile à l’agréable mdr)

    Finalement les interviews peuvent aboutir à plein de choses…Des mauvaises mais aussi des bonnes, de très bonnes même ^^

  5. Si c’est pas un beau métier ca ! Poser plein de questions à de jolies écrivaines en herbe, pour repartir avec leur téléphone, y a pire comme taf ! Je rêvais de l’ESJ à une époque. Mais bon les études m’ont détourné du 4 ème pouvoir !

  6. Tu as bien de la chance d’être tombé sur Emilie. En tout cas, il faut du professionnalisme pour interviewer une personne qui répond seulement par oui et par non. Bonjour la galère. Bonne continuation. Je reprendrais une citation de Forrestre GUMP : « c’est comme une bôite de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Hi, hi, hi

  7. 16 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Moi j’aurais voulu interviewer Valery Giscard d’Estaing.
    Mais quand je suis né il était déjà mort.

    Ah bon il est pas mort ?
    Ah bon, je croyais !

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