C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Oui, bon, ok, on le sait que j’ai raté une carrière dans la pub, je vais arrêter de me la ramener à ce sujet. Mais bon, je continue quand même mon publireportage sur le dérivatif. Alors, qu’est-ce que le dérivatif ? Alors voilà, imaginons que Sagamore me quitte (‘foiré, va !), j’ai le cœur en lambeaux, les seuls trucs qui passent par ma bouche sont la fumée de ma clope et de l’alcool pour oublier, je pleure, je dors, je pleure, je dors… Oui parce que je trouve que pleurer, ça fatigue, quand même, plus que de rire. Vous en conviendrez, je ne peux rester dans cet état. Bon, passé la période où je cogne tous les mecs mignons car ce sont de potentiels briseurs de cœur, des connards parce que « tous des connards » (oui, curieusement, la tristesse semble aussi affaiblir notre capacité à raisonner de façon à peu près intelligente), il faut que je me prenne en main. Et c’est la qu’intervient le dérivatif.
Le dérivatif est un concept simple qui regroupe des tas de choses. Le dérivatif, c’est LE truc qui rendra votre blues post-rupture plus supportable. Le dérivatif, ça peut être du sport (comme Die Die). C’est d’ailleurs une bonne chose. Parce que d’abord, quand on fait du sport, le corps délivre des endorphines qui rendent heureux. Et puis il faut comprendre aussi qu’on restera pas l’ex de mais qu’on peut potentiellement être le (ou la) futur(e) d’un(e) autre. Donc un esprit sain dans un corps sain, ça aide. Mais bon, pour les plus feignants d’entre nous, on peu choisir autre chose : un projet professionnel (ça occupe la tête), l’écriture (ça libère), une autre personne… Enfin, chacun choisit selon ses affinités. Mais non, la drogue et l’alcool ne sont pas des dérivatifs.
Quand j’ai rompu avec Guillaume, j’ai d’abord passé un week-end à dormir. Bon, ma mère m’avait filé des cachets pour mais comme je prenais des anti-allergiques en plus, je me levais pour me recoucher aussi sec, épuisée. Ca m’a bien aidée à réviser le partiel que j’avais quelques jours plus tard (où j’ai obtenu un brillant 5/10, note très honorable quand on sait que j’ai séché la moitié des cours et que le prof avait filé le même sujet que l’année précédente, là où on avait tous fait impasse)… Bon, une fois les partiels terminés, je me suis lancée à corps perdu dans la recherche d’un stage. C’est con mais une quinzaine de lettres de motivation écrites à la main, ça vous occupe une Nina. Le stage ayant été décroché, il me restait un mois de vacances. Et là, je me suis lancée à corps perdu dans le sport (aquagym et stepper) et dans la confection de bagues en perles. Oui, ok, j’avais plus 15 ans mais ça aussi, ça vous occupe une Nina.
C’est fou comme dès que je subis une rupture, une fois les larmes séchées, je me lance à corps perdu dans une activité à tendance professionnelle. Oui, c’est pas parce que ma vie privée est pourrie que je dois gâcher ma vie professionnelle. Donc soit j’en profite de chercher du boulot, soit je me défonce dans celui que j’ai déjà. Oui, le boulot, c’est bien, ça vous remplit la tête en un temps record. Mon cœur est tout brisé ? Mais que c’est passionnant la problématique de la place des jeunes dans la société ! Si, si !
Alors, là, j’entends des voix s’élever. « Oui mais tu ne fais qu’ignorer le problème au lieu de le résoudre ». Tut tut tut ! C’est pas tellement le but du dérivatif. Enfin, si, un peu. Une rupture, c’est jamais agréable que l’on en soit responsable ou victime. Il faut certes en tirer les conclusions qui s’imposent et en faire son deuil. Mais à trop s’appesantir sur la question, on risque de noircir le portrait. C’est du : « bouh, mais pourquoi il/elle m’aime pas ? Je suis horrible, détestable… » ou « je suis un monstre incapable d’aimer mais qu’est-ce qui cloche chez moi ? ». Des fois, entre deux personnes, ça le fait pas et c’est tout. Ca fait mal, c’est sûr. Mais à trop chercher les causes, on en trouve des mauvaises. C’est comme tout problème. Des fois, à trop se pencher dessus, on ne voit pas la solution alors qu’elle est toute bête.
Par ailleurs, une rupture renvoie toujours une mauvaise image de soi, c’est quand même un échec. S’épanouir dans autre chose, c’est aussi se prouver qu’on n’est pas un bon à rien dans tous les domaines, c’est retrouver une estime de soi dans un autre domaine que celui où on a « failli ». Ok, il m’aime pas mais je réussis dans mon boulot et même que je peux faire une demi-heure de rameur sans claquer d’une crise cardiaque au bout d’une minute. Ok, me revoilà célibataire mais comme je suis douée avec mes perles ! Enfin, bref, vous saisissez l’idée, on va pas y passer trois heures.
Mais attention, il faut bien choisir son dérivatif. Celui qui consiste à se consoler dans les bras d’un autre mec ou d’une autre fille peut s’avérer dangereux. Après la disparition d’Arnaud dans ma vie, je me suis jetée à corps perdu dans plein de bras différents (enfin, plein, faut pas exagérer non plus) pas toujours avec grande réussite. J’ai donc eu droit à la bise post-fellation de Benoît, un grand moment de solitude qui n’aide pas à regonfler son ego. Après la fin de ma relation avec Guillaume II, j’ai plutôt choisi l’abstinence et la recherche active d’emploi et je m’en suis pas forcément plus mal portée. Actuellement, je suis en phase de « j’ai pas envie de retomber amoureuse, mon cœur est encore trop fragile », ce qui ne veut pas dire que je suis pas capable de donner tendresse et affection à un homme mais de l’amour, non. Or il faut jouer carte sur table dès le départ car se foutre avec quelqu’un juste par dérivatif, c’est risquer que l’autre tombe amoureux de vous (ben, quoi, ça peut arriver) et briser le cœur de quelqu’un d’autre. Pas bon pour l’ego ni pour le moral donc mauvais dérivatif. Et puis en plus, c’est vexant pour une personne de savoir que l’on sort avec elle juste pour oublier quelqu’un d’autre. Moi, j’aimerais pas, en tout cas.
Bref, le dérivatif, c’est en quelque sorte une façon de reprendre sa vie en main et d’éviter de ressasser toujours les mêmes idées noires. Et ce qui est bien avec le dérivatif, c’est qu’on peut même en avoir plusieurs, aucun risque d’overdose !
Quand mes yeux se sont plongés dans les siens, j’ai su : c’est lui. C’est avec lui que je partagerai les prochaines années, nos enfants seront fabriqués à partir de nos gênes. Plus tard, il verra mes premières rides et mes premières mèches argentées, je le verrai déambuler avec une démarche un peu moins assurée. Nos petits prodiges quitteront le nid et nous nous retrouverons seuls, le soir. Heureux. Car c’est lui, car c’est moi, car c’est nous.

Dans les faits, je n’ai jamais eu une telle certitude. Des hommes, j’en ai rencontrés, certains ont fait battre mon cœur, je me suis dit : « c’est peut-être le bon », mais y a toujours eu ce peut-être. Sans doute une question d’expérience. En grandissant, je me suis rendue compte que mon intuition féminine était influencée par mes sentiments. Il me plaît, forcément, ce sera l’homme de ma vie. Biiiiip, mauvaise réponse. Sinon, je serais pas célibataire, logique. Pourtant, il était beau, celui-là, je suis sûre que nous aurions fait de beaux enfants. En plus, il était même pas idiot ! Mais non, malgré ce que me hurlait mon intuition féminine : ce ne sera pas lui.
L’autre soir, je parlais à une copine sur MSN et elle me demandait comment savoir si c’est le bon. Réponse : y a pas moyen. Je trouve ça merveilleux les nanas qui pensent ça mais j’en suis pas capable. D’abord parce que j’ai vécu quelques déconvenues et qu’ensuite, on ne sait jamais. A 26 ans, je peux changer, il peut changer et nos deux personnalités peuvent, à un moment, ne plus s’accorder. J’ai la chance d’avoir deux parents toujours mariés ET amoureux (oui car l’un n’implique pas l’autre, des fois) mais combien de couples autour d’eux ont divorcés ? Ils se marièrent, eurent des enfants et au bout de vingt ans, ils se séparèrent. La durée n’est pas une garantie. Quand j’ai rompu avec Guillaume 1er au bout de 4 ans et demi, j’ai eu une sale remise en question de l’amour : ce n’est pas parce que ça dure que ça ne se terminera pas un jour.
Pourtant, dois-je dire à quelqu’un qui me dit ça : « mais tu te trompes, tu ne sauras jamais, sauf sur ton lit de mort ». Non parce que c’est quand même glauque de dire ça. Après tout, si les deux personnes s’aiment sincèrement, inutile d’agiter sous leur nez le spectre d’une possible séparation, mais quel sadisme ! Qu’ils suivent leur chemin ensemble, si crise il y a, il sera temps de dire que ce n’est peut-être pas la bonne personne mais en attendant… J’en connais des gens qui s’aiment, quand je vois Alice et Anthony, je suis sincèrement heureuse de leur bonheur et j’espère qu’ils vieilliront ensemble, de tout mon cœur. Mais dans les faits, il n’y a de garantie nulle part. Même ce que l’on construit à deux, même si des enfants surviennent… C’est effrayant de penser ça mais c’est un fait.
Ado, je tombais amoureuse du « beau mec là-bas » et j’étais persuadée que c’était lui, l’homme de ma vie. Aujourd’hui, quand je parle d’homme de ma vie, c’est plus un effet de langage qu’une conviction. Oh, ça m’arrive de dire ça d’un mec qui me fait complètement craquer : « ah, c’est l’homme de ma vie et le père de mes futurs enfants » mais au fond, je ne le pense pas. Alors pourquoi on veut y croire ? Pourquoi on veut croire que « c’est lui ». Je ne sais pas si c’est typiquement féminin mais nous, on a du mal à conceptualiser la fragilité de l’amour, même si c’est une réalité. Et heureusement, quelque part. Je ne dis pas que je ne crois pas en l’amour toujours, je comprends juste qu’une relation peut s’éteindre un jour. Mais que c’est effrayant de l’énoncer, de l’admettre. Une relation est-elle vouée à l’échec dès le départ ? Pas nécessairement, c’est une possibilité comme une autre. Pourtant, on veut y croire à cet amour balbutiant, voire même pas né. On veut croire que ce beau gars qui nous fait vibrer au plus profond de notre âme sera nôtre pour l’éternité. Que nos corps reposeront dans le même caveau… Enfin, moi, je veux me faire incinérer mais vous avez compris l’idée. Si, dès le départ, on se dit que ça ne marchera peut-être pas ad eternam, on condamne de suite la relation, non ?
Et pourtant, j’aimerais pouvoir dire un jour : « c’est lui », ce beau mec intelligent, cultivé et drôle qui fait vibrer mon cœur de façon inédite. Celui qui me donne de vivre en couple au bout de deux mois. Est-ce moi qui me protège trop ou alors ne sais-je pas aimer ? Non, je crois que je suis surtout réaliste. « C’est lui » à un moment donné de ma vie qui peut s’étendre sur des années et des années, peut-être jusqu’à ma mort. Mais jamais je ne pourrai l’affirmer avec certitude car on ne sait jamais comment on évolue. Tant lui que moi.
Je suis du genre trouillarde, en amour. Je m’engage à la vitesse d’un escargot alcoolique, je suis un peu comme l’enfant qui hésite à sauter dans le grand bain. Je m’avance, je regarde, je mets un orteil dans l’eau, je recule… Dire « je t’aime » ? Heu… nan. Vivre ensemble ? Mais si on se dispute ?
Sauf qu’à force de pas sauter, je passe mon après-midi piscine à ne rien faire, si ce n’est choper un coup de soleil. J’ai vraiment un don pour la métaphore particulier ! Dans la vie, il faut savoir prendre quelques risques. Et si on se dispute alors qu’on vit ensemble ? J’irai dormir chez Gaugau (il sera content de l’apprendre). Et si on vient à se séparer ? Ben, ça arrive à tout le monde et personne n’en meurt. C’était juste que ce n’était pas « le bon ». Peut-être le prochain…
Ouvrons un journal. En ce moment, au choix : le bac (sujets de philo, nombres de candidats, le plus jeune, le plus vieux…), la coupe du Monde ou le programme du PS pour 2007. Parmi les propositions, la question du mariage homosexuel et de l’homoparentalité. Il était temps que la France se penche enfin sur ce sujet de société.
Comme tu le sais, lecteur, j’ai pas mal d’homos dans mon entourage, surtout des hommes. Forcément, ça a tendance à me rendre favorable à ses propositions mais ce n’est pas juste un élan de sympathie pour une communauté mais quelque chose de plus raisonné. Parlons d’abord du mariage. En France, nous avons droit à un mariage homosexuel à la mairie de Bègles, orchestré par M. Noël Mamère. Ce mariage m’a un peu énervée car ce n’était que deux gars en mal de popularité prêts à tout pour truster les premières pages des journaux face à un politicard assez démago, faut dire ce qui est. Je ne crois pas que ce précédent ait vraiment servi la cause même s’il a eu le mérite de susciter le débat. A l’époque, quand on m’a demandé mon avis, j’ai haussé les épaules : pourquoi le mariage ne serait contracté qu’entre un homme et une femme ? On peut se marier à tout âge, quel que soit nos origines ou notre niveau social mais il faut qu’il y ait un membre de chaque sexe, sinon, ça marche pas. Déjà, à l’époque, le PACS avait fait grincer des dents mais pourquoi un couple ne serait forcément qu’hétérosexuel ? L’amour entre deux personnes d’un même sexe et leur désir d’engagement n’a-t-il pas droit d’exister aux yeux de la loi ? Personnellement, je ne suis pas très mariage mais ce n’est pas une raison. Quand j’entends Ségolène Royal déclarer il y a quelques années : « moi, je suis contre le mariage homo parce que je suis contre le mariage tout court », je soupire très bruyamment. Ce n’est pas parce que tu as décidé de ne pas passer devant le Maire que tout le monde va en faire autant, cocotte. C’est vraiment noyer le poisson, ça. Que les instances religieuses tiquent à célébrer de telles unions, à la limite, je peux le concevoir mais au niveau de la mairie… Le mariage n’est-il pas qu’un contrat, finalement ? Pourquoi devrait-on intégrer les données sexuelles à tout ça ? L’amour est le même qu’on soit homo ou hétéro. Un dernier sondage a révélé que 51 à 54% des Français y étaient favorables (les chiffres variant selon les médias). Ce qui n’a pas empêché l’Express de titrer : « Les Français contre le mariage homo » avant de débuter l’article par « Selon un sondage, 51% des Français y sont favorables, blablabla. » Je ne suis pas mathématicienne mais la majorité absolue étant de 50%+ 1, 51%, on est encore un peu au-dessus. Les voies du journalisme sont vraiment impénétrables, parfois…
Alors, évidemment, ce n’est pas tant le mariage qui bloque que l’adoption. Beaucoup arguent qu’autoriser le mariage homo, c’est faire un premier pas vers l’homoparentalité. Déjà, je pense très sincèrement qu’entre la légalisation du mariage entre deux personnes de même sexe et la légalisation de l’adoption par un tel couple, on va avoir droit à quelques années de débats, ça va traîner, c’est sûr. Mais pourquoi deux personnes de même sexe ne pourraient pas faire de bons parents ? Alors, oui évidemment, un enfant a besoin d’un papa et d’une maman pour s’épanouir. Dans ces conditions, on devrait retirer les enfants de tous les parents célibataires, alors ! Prenons un exemple : le fils d’Océane. Ce gamin sera-t-il déséquilibré parce qu’il n’a pas eu de papa ? Rien ne permet de l’affirmer, ce serait même très grave de le faire. Quand je vois certains enfants élevés par un seul parent ou quand je vois des enfants issus d’un couple traditionnel mais totalement barré, je me dis que le duo papa/maman n’est absolument pas synonyme d’équilibre, loin de là. J’ai des tas d’exemples que je n’étalerai pas ici mais quand je vois certaines personnes de mon entourage, je me dis qu’ils auraient été peut-être plus heureux avec deux papas ou deux mamans.
Pourtant, l’idée va mettre du temps à être acceptée, si tant elle qu’elle le soit un jour. Il y a quelques années, j’avais fait une émission de radio sur le sujet avec mes camarades, nous avions fait venir deux membres de l’association Jules et Julie. Quand on a évoqué la question de l’adoption par un couple homosexuel, l’intervenant masculin, lui-même gay, s’était déclaré contre cette idée, expliquant qu’une famille, c’était un papa et une maman. Je ne critique pas les opinions du jeune homme, je montre juste que la bataille est loin d’être gagnée. Dans la même émission, j’avais fait une revue de presse sur le sujet. Oui, la revue de presse, c’est mon truc, c’est mon vice. Bref, il y avait l’histoire de deux couples, deux gays et deux lesbiennes, qui avaient fait un bébé par insémination artisanale. Le bébé est né et il a donc quatre parents sauf que si l’un des couples se sépare, celui qui n’a pas donné son sperme et celle qui n’a pas porté le bébé n’ont techniquement aucun droit sur cet enfant qui est le leur d’un point de vue affectif mais c’est tout. Déjà, le côté insémination maison, c’est glauque. Aujourd’hui, quand on voit dans quelle société de confort on vit, penser qu’une femme est tombée enceinte de cette façon, ça me fait froid dans le dos (pour elle). Ces gens-là voulaient tellement un enfant qu’ils se sont débrouillés comme ils ont pu. La petite fille née de cette union sera-t-elle différente d’un autre enfant ? Non. Elle aura droit à l’affection de 4 parents au lieu de deux, comme la plupart des enfants divorcés.
Autre argument servi cette fois par Yohann, mon presque frère. « Oui mais tu comprends, ces enfants, on va se moquer d’eux à l’école quand leurs deux papas ou leurs deux mamans viendront les chercher à l’école. » Et je réponds : « ben c’est une question de mœurs. Regarde, nous, quand on était petits, y avait pas beaucoup de parents divorcés et c’était bizarre les enfants qui n’avaient qu’un papa ou qu’une maman. Maintenant, on est habitués. Ben eux, ce sera pareil ! ». Je ne dis pas que, forcément, les homosexuels vont être légion à adopter et resteront sans doute une minorité par rapport aux couples plus traditionnels mais à partir du moment où l’adoption par les couples homosexuels sera légalisée, il y en aura forcément plus d’un qui va se lancer dans l’aventure. Le seul truc que je crains, dans l’histoire, c’est que le premier couple à adopter squatte les médias. Là, à la limite, ça peut être un peu traumatisant pour l’enfant, s’il est assez vieux pour comprendre un tant soit peu ce qu’il se passe.
Je ne suis pas une pro de l’éducation mais il me semble que pour être heureux, un enfant a avant tout besoin d’amour. Pourquoi les couples hétérosexuels auraient ce monopole ? Est-il si important qu’un enfant soit aimé par un homme ET une femme ? Quid de deux hommes, deux femmes, qu’un homme ou qu’une femme ? Sans doute aurons-nous droit à toute une batterie d’analyse psychologiques de ces enfants mais je ne pense pas qu’être élevé par un couple homosexuel change grand-chose à l’arrivée. Déjà, si on regarde la société actuelle, force est de constater que le couple traditionnel n’existe plus tellement : ce n’est plus la maman à la maison qui gère les tâches domestiques et le papa au travail qui ramène les sous. Je connais des homos qui feraient d’excellents parents comme mon cousin, par exemple. Il adore les enfants et aimerait en avoir un, il ferait un bien meilleur père que moi une bonne mère. Il a beaucoup d’amour à donner, pourquoi on l’en empêcherait ? Parce qu’il aime les hommes ?
Argument ultime : un enfant élevé par un couple gay le deviendra forcément. Alors, là, on touche le fond. Et l’oscar de la théorie la plus comme est attribuée à la reproduction de l’homosexualité ! Parce que si l’homosexualité était due à une transmission de parents à enfants, on serait tous hétéros. Ben oui, un couple, à l’heure actuelle, c’est un homme et une femme donc si ça ne tenait qu’à ça, l’homosexualité n’existerait pas.
Du coup, je réfléchis à ma propre situation. J’avoue que c’est très agréable d’avoir une tendre moitié, de s’endormir dans des bras virils, de se réveiller aux côtés d’un homme charmant qui s’empresse de nous faire un câlin passionné… Ca, je ne peux le nier. Ceci étant, ce n’est pas pour ça que je vais me mettre en couple avec le premier venu. Etre en couple est plus pour moi une envie qu’un besoin. En effet, un couple, c’est quand même un minimum d’engagement et pour le moment, c’est niet, surtout que je fourmille de projets professionnels et que si je me démerde bien, je vais tout déchirer. Tout mener de front n’est pas impossible mais me trouver un compagnon, ce n’est pas précisément en haut de ma liste de priorités.
Pas mal de filles angoissent quand elles sont célibataires, genre : « bouh, personne il m’aime, je suis trop moche ! ». Elles en viennent à regarder tous les couples d’un mauvais œil en maugréant : « mais elle est moche, pourquoi elle est avec quelqu’un et pas moi ? Chuis quand même mieux. ». Bon, déjà, dédramatisons de suite : je connais des femmes très belles qui n’ont pas de moitié. Ce n’est pas une question de beauté, c’est une question soit d’opportunité, soit de choix. Pour ma part, je travaille chez moi et je sors surtout dans le milieu gay donc si je suis célibataire, je le cherche un peu aussi. D’un autre côté, j’aime pas la drague en boîte ou dans la rue. J’en parlais l’autre jour avec Tatiana, d’ailleurs. Elle me demandait s’il était nécessaire d’avoir un décolleté pour obtenir un rencard. Je lui réponds que oui, ça peut aider mais si le mec s’arrête à mon décolleté, ça va m’agacer (même remarque pour les fesses). Parce qu’au fond, ce qui nous énerve, ce sont les mecs qui s’arrêtent à la plastique et vont pas au-delà. Même pour un plan cul, le sexe n’empêche pas la discussion. Enfin, je te rassure lecteur, je parle pas pendant le sexe (ce qui serait drôle, remarque : « aaaaaah… Dis, tu as vu les dernières déclarations de Ségolène Royal ? Ben pourquoi t’arrêtes ? »). Mais avant et après, j’ai une langue et je m’en sers (merci de ne pas relever de double sens dans cette phrase). Un mec, il doit me plaire mais aussi me stimuler intellectuellement.
Il y a aussi le célibat de choix. J’ai observé une période d’abstinence en début d’année et je n’en suis pas morte du tout, j’avoue que je les ai pas vu passé, ces quelques mois, finalement. Pourquoi aujourd’hui, pour exister, il faudrait être deux ? C’est quand même curieux ! Alors je ne suis pas entière tant que je n’ai pas trouvé ma moitié ? C’est un peu le mythe de l’androgyne de Platon : nous avons été séparés et je dois trouver l’autre moitié de moi pour former une personne entière. C’est une belle image, c’est rassurant de savoir que chaque pot à son couvercle mais cela veut-il dire que tant que je n’ai pas trouvé cette personne, je ne suis pas accomplie ? Donc peu importe que je réussisse ma carrière, peu importe que j’ai une vie sociale, tant que je n’ai pas d’amoureux, je n’existe pas ? Et bien, faux, faux et archi faux. Si on cumule mes histoires, je n’ai passé que 5 ans en couple sur 26 et ça me fait mal de penser qu’il faudrait que je jette les 21 qui restent.
Pourtant, quand je lis certains romans, quand je regarde certains films, quand j’écoute certaines chansons, on a l’impression que sans amour, nous ne sommes rien. Au hasard, le film Allumeuses, passé lundi sur M6. Ce film, je l’ai regardé à cause de Gauthier qui m’avait montré les meilleures (ou les pires) scènes du film tantôt et j’ai voulu voir de quoi il retournait exactement. C’est l’histoire de trois nanas…Enfin, surtout une, Christina alias Cameron Diaz, que je trouve moins jolie que Christina Applegate mais elle est plus vendeuse… Donc notre amie Christina est une femme indépendante des années 2000 qui drague mais s’en fout des hommes. Or, patatras, elle tombe amoureuse d’un mec croisé en boîte et là, elle se rend compte qu’elle a gâché sa vie en ne cherchant pas l’amour, blablabla. Idem dans Sex and the City, qui repasse sur M6. Premier épisode : Carry décide de baiser sans sentiments, d’arrêter de se prendre la tête sur les hommes. A peine a-t-elle décidé ça qu’elle croise Mister Big et patatras aussi. Et les revoilà parties dans les méandres de l’amour, les « ça marche pas, je suis malheureuse, je ne peux pas vivre sans lui ! ». Même ma nouvelle meilleure amie Elsa Linux se laisse gentiment partouzer en espérant que ça donnera à son amant l’envie de l’épouser (toujours aussi édifiant ce bouquin, j’en suis pas à la moitié, encore, on sent qu’il me passionne). Les filles d’aujourd’hui soupirent après l’amour, elles ne pensent qu’à ça, elles pleurent devant les magasins de robes de mariée et gâtouillent devant les bébés en espérant qu’un jour, elles en auront un. Perso, j’avoue que je peux regarder les robes de mariées car certaines sont splendides mais je suis pas branchée mariage du tout. Au pire, si un jour, je suis célèbre, j’en prendrai une pour un gala ou chais pas quoi, comme ça, je serai en photo dans tous les magazines. Pour les bébés, je sais jamais quoi en faire donc en général, je m’arrête pas devant. En fait, le seul truc que je fais quand je vois un gamin, je mets mon chat entre lui et moi, ça me rend de suite très sympathique. Et puis ça l’occupe, le petit.
Pourquoi ne pourrions-nous pas être heureux en étant seuls ? Evidemment, moi aussi, j’aimerais trouver un mec avec qui ça dure et tout le tralala mais je peux très bien vivre seule aussi et faire plein de choses. Actuellement, je suis plus dans le boulot qu’autre chose, j’avoue que de ne pas être aux portes du mariage ou du PACS ne me traumatise pas. Si je suis actuellement célibataire, c’est par manque d’occasion et pas parce que je suis un vilain boudin dont personne ne veut. Je n’ai que 26 ans, j’ai le temps de réussir ma vie amoureuse, c’est le professionnel qui presse. Certes, il y a des jours où être seule, c’est un peu ennuyeux. Ah, que j’aimerais faire des virées à deux, me promener au lever du soleil main dans la main dans les rues de Paris et ce genre de choses. Mais d’un autre côté, ce n’est pas pour autant que je ne suis pas un individu à part entière. Puis au moins, quand on est célibataire, on sort quand et où on veut sans rendre de compte à personne. On peut se lever le matin avec l’espoir d’une rencontre, si on veut. Pour moi, je me dis que ça me paraît de travailler correctement et vu les mois qui s’annoncent, ce n’est pas forcément plus mal. Les pauses crapuleuses, ce n’est pas bon pour mon rendement.
L’amour est en soit quelque chose de compliqué, personne ne me contredira. A presque 26 ans, c’est pas qu’on commence à me demander quand est-ce que je vais ramener un homme à la maison mais pas loin… Enfin, mes parents ne me foutent pas la pression, ma mère ayant compris que j’étais quelqu’un qui « naviguait ». Pour ma part, je dirais plutôt que je tente l’histoire, quitte à me planter.
L’autre jour, je discutais avec Tatiana sur MSN de nos situations amoureuses respectives (enfin surtout de la sienne parce que moi, j’ai pas grand-chose à en dire) et elle m’expliquait qu’elle ne regrettait pas son choix. « Je sais que ça ne durera pas mais au moins, j’aurai tenté et j’aurais vécu une belle histoire. » Et bien, je trouve que la demoiselle a bien raison. Si je regarde mon propre passé amoureux, je me suis entêtée à vivre des histoires impossible : avec un trentenaire parisien et obsédé alors que je n’était même pas vingtenaire, toulousaine et une oie blanche, avec un gars avec qui je n’avais pas grand-chose en commun, avec un gars qui vivait loin de moi… Oui, mais voilà : je lui plais, il me plaît, pourquoi je ne tenterais pas ? Le mur est au bout, je le vois gros comme une maison et je sais que je vais me le prendre. Mais en attendant, que la balade est grisante.
Beaucoup de filles de mon âge cherchent « le bon », celui avec qui ça ne pourra que marcher tant il est parfait. Mais quelle erreur, à mon avis ! D’abord, il est censé être comment « le bon » ? Je m’étais amusée il y a quelques temps à commander au Père Noël mon homme idéal (il m’a bien oubliée, cet enfoiré) mais trouver un homme qui correspond parfaitement à nos critères est utopiste. Bien sûr, nous voulons toutes un homme qui nous correspond tant sur le plan physique que sur la personnalité mais il faut bien comprendre que chaque homme a ses défauts. Tant mieux quelque part, je me sentirais pas à la hauteur d’un homme parfait… Déjà que je me sens rarement à la hauteur des hommes imparfaits, imaginez l’angoisse. Mais même si cet homme est imparfait et qu’il me semble qu’il n’y aura pas d’avenir ensemble, pourquoi ne pas tenter ? De un, rien ne me dit que ça ne durera pas, finalement. De deux, même si ça ne dure pas, n’avons-nous pas le droit de vivre une belle histoire, même si elle ne peut être qu’éphémère dès le départ ?
Certaines histoires d’amour sont condamnées à peine elles ont commencé : distance, manque de temps pour se voir, l’un des deux n’est pas libre… On peut multiplier les hypothèses à l’infini. Oui, l’amour, c’est quelque chose de très compliqué, n’est-ce pas ? Donc on voit le mur au bout du chemin, on le sait qu’il n’y a aucun moyen de l’éviter. Doit-on éviter de partir à toute vitesse dedans ou fermer les yeux en attendant qu’il arrive ? Ou plutôt profiter de chaque sensation avant le crash, la vitesse, le vent qui nous caresse le visage, le paysage qui défile… Bon, je le concède, ma métaphore n’est pas merveilleuse mais c’est pour faire comprendre l’idée. Après tout, qu’a-t-on à perdre ? Rien, si ce n’est une belle histoire.
Le problème, c’est que beaucoup de vingtenaires veulent trouver le bon, comme s’il y avait une date limite de péremption : vite, vite, casons-nous avant qu’il ne soit trop tard ! Je trouve ça un peu curieux et un peu suicidaire comme comportement. On va refuser les avances d’un jeune homme car il ne nous paraît pas idéal et se jeter au cou du gars qui nous semble parfait. Et si ça ne marche pas, on fait quoi ? On déprime pendant 107 ans ? Par ailleurs, comment peut-on commencer une relation en pensant sincèrement que c’est pour la vie ? Dire à un mec que lui et moi c’est pour la vie, c’est mentir, quelque part, parce que je n’en sais rien. Oui, aujourd’hui, on s’aime et tout est rose, mais demain ?
Actuellement, j’ai envie de me caser, avoir une vraie relation qui dure plus d’une nuit. Mais je ne vais pas pour autant refuser tous les prétendants avec qui ça risque de ne pas coller sur le long terme parce que si je savais exactement quel mec il me fallait, je ne serais pas célibataire (logique). Ensuite, si j’ai plus envie de plans cul, si une belle histoire qui s’annonce éphémère se profile, la refuserai-je ? Non, je ne pense pas. Je lui plais, il me plaît, allons-y gaiement ! Au moins, sur mon lit de mort, je n’aurai presque aucun regret.
Si je regarde dans mon entourage, très peu de filles sont tombées sur le bon de suite. Surtout que je n’ai que 26 ans et que mes amis en ont rarement plus. Donc pourquoi se mettre la pression à tout prix, pourquoi chercher celui qui sera forcément le père de notre progéniture ? D’ailleurs, qui nous dit que ma progéniture aura le même père ? Bon, ce serait plus pratique et moins compliqué à gérer mais les familles recomposées existent, on ne peut pas le nier. Même, après ma rupture avec Guillaume 1er, je me suis soudain imaginée avec ma petite tribu (j’insiste sur le petite) sans papa parce que je ne suis plus avec aucun d’entre eux mener ça d’une main de maître. Bon, très honnêtement, j’espère que j’aurai un compagnon pour m’aider dans cette tâche parce que je me vois pas du tout maman célibataire.
Aimer, c’est tenter. Je crois que sans ça, la vie ne mérite pas d’être vécue. Après tout, si y a bien un domaine où il faut oser, c’est celui-là.







