Vingtenaires, nos liaisons foireuses

 

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C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...


Mercredi 12 décembre 2007
Par Lucas

Cet article est certainement un retour en adolescence mais il y a 10 ans je rentrais en Terminale L alors faut fêter ça !

L'autre jour j'ai invité mon pote Ladislas au resto. Genre, j'ai une vie sociale ; genre j'ai les moyens. En ce moment, entre les arbres(sic.), les cours, le mémoire, les agressions, tout ça, je limite les sorties… Mais là, je me suis fendu d'un petit resto déjeunatoire. C'était aaaach'ment bien.

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Je vous explique : dans ma Business Cool, Ladislas est un électron libre. C'est un pote et un référent vu que je suis un peu un vieux con égaré dans la foule des jeunes. Ce qui caractérise Ladislas, c'est qu'il écrit pas mal de trucs et des trucs pas mal du tout : j'aime bien son style qui sort un peu du lot tristement efficace de nos condisciples. Lire du Ladislas c'est la garantie de la parole vraie donc de la sérénité. Et ça, ça vaut très très cher en  Business Cool...

Donc, ce jour là,
au resto,
on discutait tranquillou, accompagnés par deux nanas canon en jupe moulante  par deux verres de vin blanc pour aller avec le babillage.
Or, on en arrive à parler… des femmes. Tiens donc : comme c'est bizaaaarre... Deux mecs en villégiature qui abordent ce sujet… C'est suuuûr, ils ont du raconter pleeeeein de méchancetés : un mec ça ne sait dire que ça. Bah parlons en tiens !

Avec Ladislas, on évoque notre CV amoureux, nos études, nos expériences, nos succès et surtout nos déconvenues. Bref, on échange plein de pensées rigolotes et,  à un moment, Ladislas me lâche une vérité que sa copine lui aurait avouée : les femmes adorent qu'on les touche ! Wabon ? Bawè...

Bien sûr, il y a surement des limites. Au hasard, j'dirais...
Faut pas que ce soit Gérard avec sa bedaine, sa Kro et son haleine "Gauloise/omelette à l'ail".
Faut pas que ce soit Auguste avec son regard d'octogénaire et sa canne pour avoir encore un truc rigide sur soi.
Faut pas non plus que ce soit Colibri, jeune prepubère full acné avec la bave aux encoignures...

Mais voila...
Si on fait abstraction des exemples précités, paraitrait que ces demoiselles ne seraient pas contre des frôlements épars.
Voire plus ?

Aïe, aïe, aïe… C'est là que le bas blesse ! Nous les mecs on a tendance à vouloir aller plus loin et satisfaire notre libido : c'est connu, un mec ça ne pense qu'à çaaaaa…
Bah justement,  j'ai toujours eu peur que des caresses, des touchers délicats, le fait de froler volontairement une femme soit interprété comme un " je me retiens grave mais je t'aurais bien touché les seins et les fesses".

Mais n'y t-il pas une part de vrai là dedans ?
Oh que si !
Nous les mecs sommes tous de gros perveeeeeers, c'est bien connu ! (gnark, gnark, gnark)
Mais en fait non ! Pas tout le temps ! (ici j'ai au moins 300000 lectrices qui se disent : "Mon oeil..." Ouhai, ouhai, ouhai : je les connais bien mes lectrices.)
Comme les femmes ne sont pas omniscientes elles ne peuvent pas deviner quel est le degré de sexual healing en nous au moment où elles nous parlent !
Effectivement, il est des jours où on est plus chauds que d'autres… Si vous me prenez, par surprise, en cours de fiscalité sur les plus values à long terme, ya des chances pour que je sois à temperature ambiante...Si,si.

Vous permettez ? Je reviens au sujet : les caresses lorsqu'on dit bonjour à une nana, ou comment on s'autolimite...

Perso, dans mes salutations, même avec des amies trrrès proches, je me suis toujours cantonné à des bidoux (des bisous doux). Ainsi, lorsque je dis bonjour à une copine, ou une amie, je ne vais pas lui caresser la hanche même si l'envie est très très très forte.Pourtant, la hanche, même si c'est hyper sensuel, ce n'est pas les seins ou les cuisses !  De fait, la hanche c'est un peu le no man's land du corps feminin en public : une zone neutre, une ambassade, la CH du CH !!  (la Suisse du corps humain...)

A mes yeux, le fait de toucher quelqu'un ça un coté très chaleureux et surtout très personnel. Avec ce geste on veut donner un peu de douceur et avoir une connivence. Pourtant, je me restreins tout le temps ! Pire : j'ai un petit coté nippon (ni mauvais) tout au fond de moi ! C'est à dire que je n'embrasse pas ces demoiselles lorsque je ne suis pas rasé, par peur d'irriter leurs joues. Je préfère marquer ma déférence, mon respect, mon attention par une courbette et un sourire. Pas très sensuel mais tellement plus prevenant...


Et pour revenir aux caresses, chais pas pour vous les mecs mais dans mon cas il y a 3 raisons à mes retenues…

D'abord parce que je me dis que la nana ne va pas nécessairement apprécier qu'un macaque la touche, la palpe, la tâte comme on le ferait d'un matelas (la comparaison avec un matelas vient ici parce que je suis un mec donc, bis repetita, je ne pense qu'à "çà": j'aurais très bien pu dire "un camembert au prisu" mais c'eut été moins glamour).
Donc la nana risque tout d'abord de ne pas aimer...

Ensuite, on est jamais à l'abri d'une CCCB (Catho Coinssosse qui le Cache Bien). Elles sont légions en école de commerce et elles pourraient être horrifiées et traumatisées par une telle familiarité.

Enfin, je ne veux pas que la nana se fasse des idées quant à mon intérêt envers elle. Elle pourrait se faire des films où j'arriverais en Porsche après avoir tué 3 business devils et là je l'embrasserais sur le Golden Gate avec le soleil qui se couche et Bon Jovi qui chante Always…
Oui je sais, c'est moi qui me fait des films.
C'est bien connu : quand les femmes, sont folles d'un mec elles prennent rarement l'initiative sinon la rumeur populaire, coincée du cul, va les cataloguer comme des salopes.  (rappelez vous Tryo : "Un homme qui aime les femmes on appele ça un Don Juan, une femme qui aime les hommes on appelle ça comment ?") C'est vrai quoi… Vous en connaissez vous des mecs qui ont eu un jour à dire :

 "Je préfère qu'on reste amis…".

 Bah pas moi...

Bon, je digressionne encore et encore : c'est mal...
Pour revenir aux caresses sensuelles, je me dis qu'il y aurait, par là même, un moyen de créer une complicité (ou de se prendre une grosse baffe. Certes, certes...) Une complicité car, nous les mecs, on a tous rêvé, un jour, de faire notre Joe Dassin. De se ballader sur l'avenue, le coeur ouvert à l'inconnu, de croiser une nana craquante, de partager un regard, de continuer à marcher malgré tout, de jeter un œil en arrière, de voir que la fille agit de la même manière, de revenir sur ses pas s'approcher d'elle, lui sourire et là sans un mot…

It's written in the wind, oh oh it's ev'rywhere I go,
So if you really love me love me, come on let it show…


Conclusion ?

Je pense que je vais être plus câlin et tant pis pour les demoiselles qui n'aiment pas ça. Elles pourront me créer une réputation au mieux de mec "tactile", au pire de " gros pervers". Rien à foutre. Au contraire : je suis sûr que les nanas voudront savoir si la légende est vraie ! Et puis, le cas échéant, les mécontentes sont assez grandes pour m'avouer que mes frôlements les gênent ou m'envoyer leur mec pour qu'il me péta la teuté. Le fait d'exprimer clairement leur malaise sans jouer la comédie des relations sociales insipides, ça leur donnera 1000 points dans le classement des "Nanas qui comptent pour Lucas" (et en plus ça leur fera une belle jambe)

Bon les lectrices, j'attends vos commentaires !

par Lucas publié dans : Lucas
Lundi 26 novembre 2007

Par Lucas

Sujet : Dans une étude argumentée et construite, vous analyserez l’annonce d'emploi  suivante reçue sur la boite mail de votre école de commerce…

 

Titre : Futurs diplômés, rejoignez CSP Plus Plus, l'un des leaders mondiaux du conseil.

 

Un début qui donne le ton : une accroche musclée grâce à un déséquilibre travaillé. Une incantation mise en apposition ("Futurs Diplômés") qui nous fait chuter vers l'inconnu en trébuchant sur la virgule. Heureusement, voila la proposition relative "rejoignez CSP Plus Plus" qui nous offre un parachute doré (36K€) et nous fait retomber sur nos pattes. CSP Plus Plus nous offre donc une proposition à forte valeur trouducutoire  ajoutée grâce à un pluriel sibyllin : "leaders mondiaux du conseil". Il convient de dénoncer cette incohérence odieuse et cette malhonnêteté intellectuelle. Par définition, "le leader" est unique. Il  assurer un leadership donne une direction au travers d’une image de chef.  En outre, l'incohérence totale saute immediatement aux yeux du passant honnête : comment un jeune diplômé fraichement émoulu de son école et qui n'a que deux trois expériences à son actif, comment donc ce jeune là peut-il être de bon conseil ? Parce qu'il est intelligent ? Parce qu'il a fait Sup de Co Reims et qu'il a donc un niveau intellectuel nécessairement supérieur à un mec qui a fait Sup de Co Vesoul ?

Dès son introduction, notre interlocuteur se pose donc en faux et démontre à quel point son boulot est insignifiant. "Mais tu comprends l'audit ça fait joli sur un CV alors je pense que je vais postuler quand mê…"

Aujourd'hui, vous le savez, les technologies de l'information se placent au cœur des enjeux stratégiques de l'entreprise, en transformant leurs activités et en accélérant leur développement.

L’auteur commence son propos d’un "Aujourd’hui" introductif afin de nous rappeler qu’il est un homme du présent, de l’action, de l’efficacité. Il recherche notre confiance en flattant notre égo d’un "vous le savez" car si on a fait Reims c'est automatiquement qu'on a une culture économique de ouf gueudin et qu'on sait tout sur tout. Il évoque les sibyllines "technologies de l'information", un fourre-tout facile qui nous parle mais sans idées précises. C'est là un phénomène recherché, un flou artistique. L'auteur continue son propos pour mieux nous rassurer avec la tendresse du cœur… et les questions "stratégiques". La stratégie : que voila un sujet passionnant pour le futur cadre, homme de responsabilités. Ainsi remis sur un terrain de confiance, nous pouvons être flatté dans le sens du poil avec les promesses d'un quotidien aussi intense qu'haletant. Ce n'est pas pour rien que l'auteur choisit les mots "activité" et "développement" et surtout les verbes "accélérer" et "transformer". Enfin de l'action, que diable !

 Les consultants sont donc devenus indispensables. Mais les compétences sont rares et les besoins aujourd'hui bien supérieurs aux ressources disponibles.

Le lien logique avec le paragraphe précédent ("sont donc devenus") est aussi sibyllin qu'évanescent. Avec cette phrase qui se veut modestement dithyrambique, l'auteur fait une belle figure de style : une raffarinade. En outre, il tente de déguiser son angoisse. Celle de ne pas réussir à trouver des troupes, des jeunes à envoyer la fleur au fusil et le tableur Excel à la main chez le client. Il évoque des compétences mais ne développe pas dessus. Il reste évasif pour mieux attirer le chaland. Il sait bien que le turn over en audit est très fort du fait de la vacuité du boulot. Saluons donc son effort consistant à rendre son taff attractif en créant un phénomène d'attente.


Les stages de fin d'études chez
CSP Plus Plus ? Transformés à 80 % en CDI ! Pour vous former aux métiers du conseil et construire votre avenir, CSP Plus Plus vous propose des stages de fin d'études au cœur des grands projets de nos clients, au sein de nos équipes Conseil & Solutions. A la clé pour 80 % des 200 stagiaires recrutés cette année ? Un CDI !


Avec cette affirmation qui se veut paternaliste, enjouée et qui déguise une jubilation intérieure, le recruteur travaille en cohérence avec ces compagnons DRH d'autres boites. Il cherche à donner une légitimité au stage de fin d'études qui est un concept répugnant. Ce stage n'est en fait rien d'autre qu'une première expérience avec, pour le stagiaire, les mêmes impératifs de réussite, les mêmes pressions pour les rendus, la même expérience glanée. Tout ça pour un salaire ridiculement bas et encore t'as de la chance nous on les paye les stagiaires (ramené au nombre d'heures travaillées, on est en juste au dessus du SMIC malgache). Heureusement qu'on va apprendre plein de trucs et qu'on aura le label "j'ai fait de l'audit" pour compenser. Ouhai heureusement)



Un Master à Paris Dauphine pour devenir un expert ERP !
Vous êtes attiré par le métier de consultant ERP mais souhaitez perfectionner votre formation ? CSP Plus Plus vous invite à vous inscrire à la prochaine promotion de son Master Consulting & Systemes d'infos à l'Université de Paris XV Odéon Plage : un cursus d'un an en apprentissage, qui vous garantit une formation ciblée et un emploi de consultant ERP à la sortie. Les inscriptions seront ouvertes en mars 2008.

 

Enfin un point positif dans cet amalgame de suffisance et de non dits scabreux : une formation pour affiner les enseignements de Sup de Co. Pour autant, le propos est ici sibyllin et maquillé à grand renfort d'un vocabulaire à la con ("expert", "consulting",) et de points d'exclamation hypocrites : toi aussi deviens un expert de l'expertise !

Là encore, on ne le dit pas les choses explicitement…

Le consulting est un art : celui d'observer pour déduire, de regarder pour mieux faire évoluer, d'écouter pour mieux proposer, d'observer la réalité pour la sublimer... Rendons grâce à cette démarche : c'est bien la seule chose à retenir de cette annonce.

Néanmoins...
Vous connaissez le proverbe "Qui veut la fin veut les moyens"…  

 

Le consulting c'est exactement le contraire et on pourrait en faire une devise pour cette activité. Etant donné qu'avoir un "objectif" c'est ne pas tomber dans la "médiocrité", je me décharge de toute responsabilité quand aux jeux de mots et aux sens qu'on pourrait donner aux mots "fin" et "moyen"…

 

Consulting : quand le moyen devient une fin…

par Lucas publié dans : Lucas
Jeudi 8 novembre 2007

Par Lucas

Je ne sais pas si vous êtes au courant mais Le Petit Nicolas a divorcé. Ouhai, je sais bien, je crée un effet de surprise : c'est pas comme si  Première et Super Picsou Géant nous avait bassiné avec ça depuis 15 jours.

Bon toujours est-il que Sarko est tout seul à l'Elysée puisque Cécilia s'est cassée. Quel dommage, quelle chagrin, quel drame. Le pauvre, c'est vraiment trop triste : avec qui il va faire des scrabble après diner ???


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Ya quand même un truc qui me gêne. Oui je râle pour un rien, mais avouez…
Ce qui est détestable dans l'histoire de Cecilia & Nico, ce n'est pas le fait qu'ils se séparent mais qu'ils le fassent savoir après l'élection. Mais genre, comme si c'était pas fini depuis l'incartade de Cecilia il y a un an et demi… Style, quoi ! Ah le mythoooooo.
D'ou mon article…

Si Sarko et Cecilia avaient divorcé avant les élections, les gens auraient-ils moins voté pour Nico ?

Bien sûr, vous allez me dire que Cecilia c'était la bonne planque pour le petit Nico. Allez vas y que je te paye la famille recomposée, vas y que je te balance la bonne image glamour avec les fistons djeunz cool et les filles de Cecilia (si qq'un a le numéro de la plus grande je suis preneur)

Et maintenant, les questions que je me pose, parce que vous savez bien un article de Lucas , c'est tout plein de questions à la con… 

En quoi un divorcé serait-il moins compétent qu'un homme marié ?
En quoi l'image de la France aurait-elle pâti de ce prez célibataire ?
Le couple type, "mariés 2 enfants", se serait il moins reconnu dans les idées de Sarko s'il s'était positionné sur le marché du "célibattant" ?
Les conventions sociales sont-elles aussi impérieuses ?
Doit-on se laisser influencer par le qu'en dira t-on ?

 
Perso je suis connu pour dire aux gens ce que je pense, sans prendre de gants. J'estime que je respecte plus les gens en froissant leur susceptibilité voire en les choquant au lieu de tourner de manière hypocrite autour du pot... C'est pas pour rien que j'ai un œil plus petit que l'autre quand je suis fatigué : souvenir d'une bagarre où le mec m'avait défoncé la gueule mais où il n'était pas sorti indemne. Tout ça parce que je lui avait expliqué par A + B en quoi il était un connard prétentieux, ce que tout le monde pensait… mais en silence. Impératif moral : il faudra bien que je le fasse taire quand je serai chargé de famille…

 
Bref, peu importe, on s'écarte du sujet. Revenons à Nico qui est tout triste, tout seul, dans son coin, avec son baby foot et pas de same player shoot again.
Le qu'en dira t-on…

L'honnêteté intellectuelle ne peut s'embarrasser des scories de la bienséance.

Mais j'en suis sûr : cette bienséance reflexe s'insinue, sournoise, dans les raisonnements et les modes de pensée, sans qu'on en prenne conscience. Elle nous brime sans qu'on s'en rende compte quand on veut exprimer le fonds de sa pensée. Notez bien que certains ont fait un art de cette réalité : cette bienséance hypocrite c'est un peu le fonds de commerce de l'ENA depuis sa création…

Faut-il en déduire que Sarko apporte un renouveau et que la défaite de Sego c'est la défaite de l'ENArchie ?? Qui sait…
Petit note rigolote :  le fait d'imaginer Sarko qui drague tout ce qui bouge ca lui donne un coté humain et rigolo !! Chais pas pour vous mais moi ca me le rendrait presqu'attachant ! Sans déconner on a tous en mémoire Hugh Grant dans le film Love Actually ! Sarko en prez lover, c'est quand même grave sexy… dans l'absolu !

Je confluerai sur une citation de Nico que Yasmina Reza a rapporté dans son livre "L'aube, le soir ou la nuit". Sarko nous rappelle l'évidence d'une phrase concise, tranchante et précise, de ce style clair qui est un ces rares atouts. Cette évidence elle tient en quelques mots :

"Yasmina tu le sais bien : Dès que tu qualifies l'amour, il n'existe plus."

par Lucas publié dans : Lucas
Lundi 22 octobre 2007

Par Lucas

Attention ! Cet article une forte connotation déprimatoire à deux balles. Je compte sur vous pour me faire des commentaires bien sentis du genre " Mais Fuck ! Allez quoi Lucas ! On est pas là pour ça ! Va voir un psy et prend du Nutella ça ira mieux !" toute action juridique est bien entendue la bienvenue: après tout ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de se marrer.

Cela m'arrive régulièrement depuis 15 ans. Au moins une fois par an. Ce constat que la vie est insignifiante et ridicule, que notre existence n'a aucun sens. Bon d'accord : comme vous pouvez vous en rendre compte, avec un sourire goguenard et narquois, je n'ai jamais eu  le courage ponctuel  de cette lâcheté existentielle : celle qui consiste à mettre fin à ses jours face aux difficulté de la vie. Mais j'y pense souvent en termes techniques…

Comment ne pas se rater ?
Comment éviter des séquelles à vie qui empêcherait des lors de mettre en œuvre une disparition efficace ?
Comment ne pas se condamner à une existence encore plus morbide en raison d'une tentative ratée ?
Quel instrument efficace utiliser ?
Comment ne pas éveiller les soupçons ?
Comment gérer au mieux mes affaires pour que mes proches aient le moins de désagréments relatifs à mon décès et que celui ci passe comme une cadavre à la morgue ?

Etc.

Je me rappelle, une fois, après mon bac, j'avais même pris rendez-vous avec ma banquière et mon notaire, sous le prétexte d'une grosse frayeur en voiture (bidon), "juste au cas où"…
Des rendez-vous techniques pour régler toute ma succession.
Eh oui, que je mette fin à MES jours soit, mais que cela ait des conséquences légales sur les jours des autres, ça, non.

 
Je pense que je devrais écrire "le Suicide pour les Nuls". Le problème, c'est qu'aucun éditeur ne voudra prendre le risque de le publier. Si "ça" devient un best seller, des kyrielles d'avocats, représentants légaux de parents ayant perdu des enfants suicidés, ces avocats donc ne manqueront pas de chercher en moi et en mon éditeur une juste réparation au préjudice moral que j'aurai causé à leurs clients. En m'accusant d'incitation au meurtre. Incitation à l'auto-meurtre, bien sûr…

Mais si il y a un droit à la vie, en quoi y a t-il un devoir à la vie ?

Les gens vont me dire "pense donc à tous les petits nenfants qui sous vivent dans le tiers monde et tu comprendras que tu nages dans le bonheur et que tu n'as pas à te plaindre". Bon. Soit. Mais au delà de tout référentiel et de toutes comparaison, au delà de toute dimension extérieure au corps humain, dans le for intérieur de l'être qui se pose la question, c'est quoi le bonheur ? (réfléchissez y donc 3 secondes avant de reprendre votre lecture : c'est quoi le bonheur ?)

La seule raison qui m'ait pousse à ne pas commettre" l'irréparable" (cosmétique détestable, je sais) ce n'était pas le fait de continuer à vivre, malgré tout, histoire d' être courageux. C'est le fait que mes parents actuels m'aient recueilli à l'âge de 11 ans. Au vu de tous les efforts qu'ils ont fait pour moi, je n'ai pas le droit de mettre fin à ma vie comme ça. Ils ont réussi à me façonner, ils ont réussi à me donner ce sentiment pourtant trop rare dans ma vie de l'autosatisfaction.

La seule autosatisfaction existentielle qui me paraisse légitime en 28 ans, c'est le fait que je me sois sorti les doigts du cul pour ma rééducation post accident. Le bac ? Les diplômes ? Les conquêtes amoureuses ? Ce sont là des épiphénomènes dans le gd fleuve de la vie. Je les trouve insignifiants. Mais par rapport au travail de mes parents, à leurs sacrifices, leurs efforts, je n'ai pas le droit d'aller voir ailleurs si j'y suis…

 
Au final, si on y réfléchit, une seule autosatisfaction existentielle, une seule raison d'être et exister, ça ne fait quand même pas bézeff en 28 ans d'existence vous ne trouvez pas ?

par Lucas publié dans : Lucas
Jeudi 11 octobre 2007

Par Lucas 

Certains d'entre vous le savent, je suis fana de jazz. D'ailleurs je vais aller au concert de Stacey Kent le 21 à Reims, ça va tuer des ours polaires ! Le jazz c'est mon truc. Tout le spectre m'intéresse. Du free jusqu'au smooth, c'est dire du plus dur d'accès au plus easy listenning. Du coup, comme je me passionne pour  cette musique, je m'intéresse logiquement à ceux qui la font. Et là, je tombe parfois des nues…

 moutin.jpg



Il est tout plein d'artistes, français ou autres, qui ont fait des études de malade et qui ont eu ensuite le courage de se lancer dans leur passsssion, d'en vivre et d'en être heureux. Prenons l'exemple type selon moi : le Moutin Trio.

Les Frères Moutin ont tous deux fait ce qu'on appelle communément une PDI  (putain d'école d'ingé): Les Mines pour l'un, Art & Métier pour l'autre. Pourtant, ils ont préféré se lancer dans leur passsssssion, aidés en cela par un talent de malade. Sans déconner, allez les voir et les entendre jouer : ils surkiffent chaque note, chaque mesure ils la vivent intensément, les yeux écarquillés, le visage tendu, la bouche ouverte... Arf, c'est trop bon! Ils sortent de leur trip en eau et avec un sourire 10000 watt ! On est autant touché par leur zik que par l'émotion qu'ils transmettent ! Sans déconner, je me demande si en France on a une section rythmique (contrebasse + batterie) qui peut les concurrencer…

 

Or, nos deux frérots ce sont alliés avec un talentueux pianiste, Pierre de Betheman.

Pierre est un ancien de l'ESSEC qui au bout de 4 ans dans le Boston Consulting Group s'est cassé (non  le Boston Consulting Group, c'est pas un groupe de musique East Coast mais une boite d'audit à la con) Donc Pierre, au bout de 4 ans, a dit : "Bloody Shit Mother Fucker, It's damned boring." (diable, palsembleu : comme cela est bougrement ennuyeux).

 

Et hop, que je te plaque la boite du jour au lendemain pour faire ce que j'aime. Manifestement, ces quatre années avaient  vacciné Pierre contre le BCG (ceci était la blague nase de la semaine. Merci de lever les commissures des lèvres…) Donc notre consultant est devenu pianiste de jazz. Et là, ça envoie du gros. De Betheman en solo, c'est déjà terrible mais alors avec les frères Moutin… Mamma Mia.

 

Bien sûr, on a tous en tête l'exemple de cet étudiant de l'EDHEC qui avait crée un groupe appelé Tai Phong et qui, quelques années après,  nous annonçait qu'il irait au bout de ses rêeeeveus, là où la raison s'achèèèèèveu(ca y est ça m'a donné envie de réécouter le CD "Singulier"…) D'ailleurs, le même, dix ans plus tard, évoque ses années de prépa et d'école dans la chanson "A nos actes manqués":  Aux années perdues à tenter de ressembler, A tous les murs que je n'aurais pas su briser (ça y est, ça m'a donné envie de réécouter le CD "Pluriel"…)Ah là là, sacré Jean-Jacques.

 

Perso je me suis vite rendu compte que le piano n'était pas mon truc. Pourtant, je ne me suis pas tourné vers d'autres instruments car je n'avais aucun talent artistique et aucun talent créatif. Voilà comment vous entamez une brillante carrière de siffleur sous la douche. Ca vous permet de réveiller touts la famille avec une version disco de Encore un matin, un matin pour rien, du gel douche au creux de mes mains. (oui sous la douche je me fais ma Starac et mon chat déprime en pleurant dans son coin, en espérant obtenir une nomination aux Césars pour son rôle de Manu Katché.)

 

Je découvre donc une nouvelle fonction des écoles de commerce : la fonction airbag. C'est la politique du "OKAHOU". Yann Moix a fait Sup de Co Reims, après ça il a intégré la Rue Saint Guillaume et là, au lieu de préparer le concours de l'ENA, il nous a pondu un film : Podium.  Il s'en foutait, si ça merdait il avait tout le réseau des anciens de Reims Management School et de Sciences Po Paris qui pouvaient lui trouver un taff. Eh oui en France on vous catalogue par le diplôme…  C'est un peu le bad tout de même… Enfin, moi ça me fait badder.  Ya un type comme ça que j'aimerais bien rencontrer et lui offrir une bière pour qu'on discute entre 4 z'yeux : c'est Mickael Youn. Ce mec a fait quand même fait une bizness cool : le CERAM à Nice. Moi ce que j'aimerais savoir, c'est ce qu'il a fait entre la diplomotion et Fatal Bazzoka, comment il a fait pour être embauché au Morning Live. Chais pas si vous vous rappelez de ces deux épisoades de sa life mais j'aurai toujours en mémoire son engueulade avec Faugiel et aussi sa course poursuite avec les flics en moto dans le bois de boulogne ! (lien en fin d'article)

 

Dans une moindre mesure, ça me fait penser à  un de mes chers condisciples qui veut être journaliste et qui au lieu de faire le CELSA ou l'IEJ est venu se perdre à Reims… Et vous savez pourquoi ? Parce que l'école de commerce, ça ouvre toutes les portes. Mais aussi parce que plein de jeunes découvrent la real life après la prépa une fois sorti du carcan familial et oppressant : "Tu seras cadre sup mon fils". Du coup, paye ta rébellion par la biais de l'amour des mots et des phrases bien construites.  Enfin, selon moi, mieux vaut se rebeller tôt plutôt que de sous vivre pendant 40 ans et avaler à 60 balais une boite de mort aux rats en chantant "J'aurai voulu être un artiste…"



par Lucas publié dans : Lucas
 
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