C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Aujourd’hui, faisons léger car je le sais, tu n’as pas trop la tête à te la prendre, justement, parce que ce soir, c’est la fête. Dernier jour de l’année, saluons 2006 qui a été une bonne année ou pas, rendons lui hommage ou hurlons notre bonheur d’être débarrassés. Ce soir, c’est la fête, c’est obligatoire.
Oui, obligatoire. Ce qui est terrible avec le 31, c’est que le passer seul, c’est limite signe de déchéance sociale, le dernier pas avant le suicide. Cette année, j’ai été à deux doigts de le passer seule, moi aussi, suite à la dispute avec Gauthier. Je n’étais plus invitée au réveillon que nous devions faire ensemble en Andorre et j’avoue que j’étais pas super motivée pour me trouver quelque chose à faire, pas du tout la tête à ça. Parce que j’ai pas envie de me bourrer la gueule, d’être déjà saoule à minuit, non, non. Donc je voulais quelque chose de calme, comme la plupart des gens, il me semble. Il est hallucinant de voir tous les gens autour de moi qui font des réveillons en petit comité, cette année. Ma sœur le fait en tête à tête avec son amoureux, mes parents entre amis, ils ne seront que 12, Tatiana m’a dit pareil, Lo nous a raconté qu’elle passait le réveillon au ballet avec sa sœur. Je me demande si c’est un phénomène général ou juste un hasard. Peut-être que je fréquente juste des gens qui ne sont pas très fêtard, en fin de compte. A moins que, cette année, les gens aient un peu perdu le goût de la bringue à tout prix pour se retrouver avec des gens qu’ils ont vraiment envie de voir, je ne sais pas. 2007 marquerait-elle l’année du retour à la petite cellule, aux petits groupes, aux vraies relations.
Quoi qu’il en soit, 20 décembre, je ne sais que faire. Zoé est seule pour le réveillon aussi, je peux le passer avec elle sur Paris, Tatiana me convie au sien également. Je glisse deux mots à mon chéri sur le sujet, il semble déjà pris. Tant pis, moi qui ai deux bouteilles de champagne au frais ! Mais bon, c’est pas grave, on se rattrapera. Donc, mes premières options sont sur Paris et ça m’emmerde un peu. Pourquoi ? Parce qu’à Paris, y a pas mes parents. Et que psychologiquement, pas leur faire de bisou de bonne année avant début février (c’est là qu’ils montent sur Paris), ça m’emmerde pour de vrai. Oui, je suis très proche de mes parents et je veux leur souhaiter la bonne année de visu, c’est important pour moi. Finalement, ce mercredi 20 novembre, je vais voir Anne qui m’invite à passer la soirée avec son namoureux, elle et d’autres amis. Oui parce que sur le coup, je voulais pas faire chandelle mais c’est bon, on ne sera pas que trois et je serai pas la seule célibataire (bonjour le grand moment de solitude, sinon…). Donc ce sera une soirée tranquille à base de bouffe et soirée tranquille. Pile poil ce que je voulais. Quelqu’un a dit sur ce blog que l’année était à l’image du réveillon et comme je veux une année calme et sereine (c’est mon mot récurent, ça), je pense que ça ne pouvait mieux tomber.
Quoi qu’il en soit, le soir du 31 est LE soir où il ne faut pas être seul. Etre seul le soir du 31, c’est limite la honte, le signe ultime qu’on n’a pas d’amis et que personne ne nous aime.. Mais moi, des gens, j’en connais des tas mais je peux pas faire le réveillon avec tout ce petit monde. D’ailleurs, honnêtement, cette année, j’avais pas super envie de le fêter, je me voyais plus volontiers passer une soirée mémère chez moi mais vu que les occasions de voir Anne sont assez rares, j’en profite, aussi. Ce sera finalement une soirée comme une autre, sauf qu’à minuit, on se dira bonne année. Et quand on voit tout ce qu’on se démène juste pour ces quelques secondes où on se fait des bisous, ça fait rêver…
Bon, aujourd’hui, je vous prouve que je suis une journaliste, une vraie : toujours à la pointe de l’actualité ! Donc aujourd’hui, comme tu le sais ou pas, les militants socialistes vont voter pour choisir leur candidat aux élections présidentielles. Si y a un deuxième tour, on saura donc le 23 novembre qui sera le candidat du PS et moi, j’avoue que j’ai un peu hâte de savoir. Même si, étant de gauche, je suis pas super motivée par nos trois candidats.
Lundi, dans un élan citoyen, j’ai accompagné Gauthier au meeting de Ségolène au gymnase Jappy où elle tenait son meeting. Après tout, peut-être qu’après cet happening, j’allais devenir totalement fan de notre amie. Donc on arrive, LilVirgo nous rejoint. On se pose à l’étage, juste derrière un vieux qui pue la vieille poubelle, je sentais que j’allais pas forcément apprécier ce meeting ! Le meeting devait commencer à 20h. 20h20, les gens se lèvent et applaudissent à tout rompre, les diaporamas commencent sur les deux écrans géants de part et d’autre de la salle et… rien. C’est ce qui s’appelle une fausse entrée. 20h30, rebelote et, enfin, à 20h40, la voilà enfin, elle met bien 5 mn à faire 30 mètres, assaillie par les partisans, les journalistes, protégée bon an mal an par les gardes du corps. Bon, ok, comme je suis légèrement agoraphobe, je comprends à ce moment là que je ne serai JAMAIS une personnalité politique. Bon, première constatation : elle est petite Ségolène. Oui, je la voyais assez grande mais en fait, c’est que François est déjà nain. Donc en gros, au début, je vois un bras gainé de tissu rose fuschia émerger de la foule.
Bon, première partie du meeting, le député du 11e fait un discours introductif qui nous refait l’histoire du socialisme parisien du XXe siècle, youpi you ! Parce que ce meeting est très parisiano-centré, genre « Oui, Paris est de gauche, la France de droite, c’est pas possible, ça, Vive Delanoë ». Mouais, je suis pas convaincue par cet argument là. Bon, enfin, le monsieur finit son discours et Ségolène Royal prend (enfin) la parole. Enfin, elle essaie parce que les vivats de la foule n’aident pas. Elle se dresse au milieu de la salle, ne se colle pas au pupitre contrairement à M. le député et entame son discours. Elle prend soin de se tourner régulièrement pour ne pas tourner le dos à toute une partie de la salle. Bon, elle maîtrise bien le topo, pour ce que je peux entendre. Non parce que ce qui me gonfle dans les meetings, c’est cette manie qu’ont les gens d’applaudir n’importe quand, dès qu’un mot leur plaît, en plein milieu d’une phrase, ce qui nuit quand même à la bonne écoute du discours. A un moment, elle aurait pu nous traiter de pauvres débiles profonds, ça aurait été pareil, on n’entendait plus rien. Suite à ce discours triomphant, on passe à la partie « question du public » et là, Ségolène Royal se débrouille beaucoup moins bien, elle cherche ses mots, elle hésite. Comme on s’est dit avec Lil et Gaugau, face à Sarko, elle va se faire plier en deux minutes.
Bon, sur le fond, je n’ai pas grand-chose à dore. Oui, je pense que l’éducation est très importante et qu’il faut assurer au maximum l’égalité des chances. Mais je suis contre les internats pour les mauvais élèves, ça risque de les dégoûter de l’école plus qu’autre chose. Je ne suis pas non plus pour que les profs restent 35 heures au collège. Soyons honnête, une salle des profs, c’est pas l’endroit rêvé pour bosser, corriger des copies, préparer des cours… Je comprends qu’un prof qui n’a cours que de 14 à 17h ne vienne pas passer la matinée au collège. C’est quand même plus simple de préparer des cours à domicile avec tous les bouquins à portée ! Par contre, les tutorats, je suis pour. Pour le reste, ce qui me gonfle un peu, c’est la question des femmes. Comment se fait-ce que cette question ne peut être traitée que par une femme ? Si on est un homme, on ne peut pas défendre le droit des femmes ? Et bien, bordel, on est mal barrées, mesdemoiselles et mesdames ! Parce que le fait qu’on ne voit qu’en Ségolène que son sexe (je parle du genre, pas de son intimité !), je trouve ça totalement navrant. J’en parlais déjà y a un an et j’ai pas changé d’un iota. Je n’ai jamais voté pour une candidate que parce qu’elle était femme, y a rien à voir. Je trouve grave que les adversaires de Mme Royal l’attaque sur sa féminité mais je trouve ça aussi grave qu’elle utilise son genre pour jouer les victimes. Avant d’être femme, elle est une politique et c’est au fond tout ce qu’on lui demande. J’aimerais vraiment que ses adversaires arrêtent de lui parler cuisine ou famille, que les journalistes arrêtent de ne parler que de son physique (bien que j’avoue qu’elle est très élégante, jolie et super bien foutue). Et j’aimerais aussi que la demoiselle évite les questions gênantes en répondant « vous me poseriez la question si j’étais une femme ? ». On s’en fout qu’elle soit femme, on veut qu’elle soit candidate.
Quoi qu’il en soit, je ne suis définitivement pas fan des meetings. C’est le deuxième que je fais en un mois et demi (le premier, c’était celui de Jack Lang) et le parti pris favorable des gens présents m’agace. Quoi que le candidat (ou la candidate) dise, on applaudit n’importe quand, on n’écoute finalement pas ce que dit la personne, on se contente de lui manifester son soutien. Et si on les laissait parler, juste pour voir ? Parce que, mine de rien, ce genre de discours sans les vivats de la foule, je suis sûre que, de suite, on accroche moins.
C’est l’automne, il pèle et les vendeurs de marrons chauds fleurissent aux quatre coins de Paris. Mais c’est pas du tout le sujet de l’article du jour. Pourtant, je me souviens quand j’étais petite, y avait un marronnier dans la cour de l’école et je rentrais chez moi avec mon sac plein de marrons parce que c’est joli, c’est tout lisse, c’est tout doux. Mais passons sur les marrons, parlons plutôt marronniers.
Quand on est journaliste, on entend très vite ce mot mais qu’est-ce ? Pour ceux qui ne savent pas, j’explique : ce sont des sujets d’actu froide qu’on ressort chaque année à la même époque. Par exemple, les marronniers de Noël, on a les courses, les queues dans les magasins, quel type de sapin faut acheter, la dinde aux marron… niers ! (mouarfffff !). Je tiens à préciser que j’écris cet article alors que je suis totalement sobre. Je reprends. Donc, les marronniers, ce sont les sujets incontournables de l’année. Et mine de rien, c’est super pratique parce que ça vous remplit un journal en un rien de temps. Le nouvel an, les soldes, les vacances d’hiver, l’arrivée du printemps, Pâques, le bac, les vacances d’été, les crèmes solaires, la plage, le prix des resto au bord de la plage, les destinations à la mode, la rentrée, le mondial de l’auto, les feuilles qui tombent, les impôts et hop, Noël… Le marronnier des journalistes, c’est comme les sapins, y a toujours des feuilles dessus.
Quel que soit le média, on vous impose chaque année le même discours mais le pire, c’est qu’on réécrit les articles. Enfin, quand je dis on, je parle surtout des stagiaires, ce que, à la limite, je peux comprendre. Non mais imaginez le journaliste qui fait chaque année le même sujet pendant 15 ans, y a de quoi devenir dingue. Là, j’entends déjà les objections : « vous n’avez pas qu’à changer de sujets ! ». Pas faux. C’est vrai qu’on voit tellement les mêmes reportages chaque année que si on remontait les images des années précédentes, personne ne s’en rendrait compte. Ouais, l’image des bonnes femmes rentrant en courant aux Galeries Lafayette, c’est rigolo (ou pitoyable, au choix), on peut faire un reportage d’1mn 30, voire même 2 mn ! Sur un journal de 20 minutes, ça laisse songeur…Mais bon, comment couvrir les soldes autrement ? On peut multiplier les angles mais vu qu’on les fait tous en même temps chaque année, l’année suivante, on est obligé de recommencer l’exercice. Mais le pire, c’est que les téléspectateurs/lecteurs ne s’en plaignent même pas ! Par exemple, chaque année, dans les magazines féminins, le grand classique du printemps : « perdez 3 kg avant l’été ». Et paf, chaque année, ça marche du tonnerre ! Bon, il est vrai qu’on nous propose chaque fois un régime différent selon la mode. Mais bon, si le régime de l’année précédente a marché, pourquoi en essayer un nouveau ?
Après, il y a les marronniers que l’on peut ressortir quand on a un trou dans l’actu, genre les petites astuces quotidiennes pour économiser l’électricité, la protection de l’environnement, la sécurité routière et puis tout ça. Enfin, tout ce que l’on trouve dans le sommaire de Capital ou Zone interdite… Ah, j’ai oublié la jet set, aussi, ça marche d’enfer, ça ! Ca, c’est le genre de sujets super pratique. Petite mise en situation : je prépare un reportage sur le port de la ceinture par les Français. Mais le jour de sa diffusion, une guerre éclate donc on a pas la place pour mon petit reportage. Deux mois plus tard, y a plus rien à dire sur la guerre et il faut combler les vides… Et ben, on va ressortir mon truc sur la ceinture ! Dans un journal, ça passera sans problème. A la télé, on fera attention à couper les plans où on voit de la neige parce que de la neige en avril, c’est assez rare, et le tour est joué ! Intemporel, on vous dit.
Evidemment, ça pose la question de la qualité de l’information. On le sait que c’est Noël, c’est pas la peine de nous montrer les gens en train d’acheter les cadeaux, on y est allés dans la journée et on a bien vu la cohue ! D’ailleurs, j’ouvre une parenthèse : vendredi dans mon supermarché, il vendait déjà des chocolats de Noël, ça m’a super déprimée. Fin de la parenthèse. C’est comme le sempiternel reportage sur le plus jeune candidat au bac et le plus vieux. Ouais super, une gamine de 13 ans qui passe le bac, c’est… heu… non, on s’en fout. Y en a un(e) chaque année ! Mais c’est tellement facile à faire et ça permet de finir le journal sur une note de bonne humeur et de futilité. Après, vous pouvez partir bosser le cœur léger ou préparer la sieste que vous ferez immanquablement devant Derrick ou les Feux de l’Amour. Quoi que ces deux séries ont un générique hyper stressant qui vous réveillent à la fin de l’épisode… Evidemment, ce serait mieux de terminer le journal par une petite note culturelle, parler d’une expo, d’un livre ou d’un film. Mais les journalistes prennent un peu les gens pour des cons : la culture, ils s’en foutent, ils préfèrent voir les gens se battre pour un T-shirt en solde, c’est plus marrant. En cas d’actu pauvre, on peut même vous en faire tout une série de reportages pour tout remplir. Ben ouais, c’est pas notre faute s’il n’y a pas toujours des guerres ou des coupes du monde. En plus, maintenant que la France se met à perdre contre l’Ecosse, ça va être dur de s’extasier pendant 20 minutes sur la formidaaaaaaaaaaable équipe de France.
Mais bon, faire un JT de 20 mn ou remplir un journal, c’est pas tous les jours faciles non plus et les marronniers, au fond, on les aime bien. Enfin, surtout les stagiaires, ça leur donne du boulot. Ils attendront un vrai poste pour traiter des vrais sujets.







