C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
En ce moment, je lis un livre délicieusement girlie « Ce crétin de prince charmant ». Ouais, j’aime bien les livres légers à l’approche de l’été. Dans un monde parfait, je lirais ça sur ma terrasse au soleil mais j’ai pas de terrasse et il pleut tout le temps ou presque. Donc je lis et là, une des héroïnes s’écrit après une rupture, « l’amour, j’y crois plus ! ». Tiens, depuis quand l’amour est une religion ?
Qui n’a pas dit ça après une belle déconvenue ? Genre the only one qu’on aimait, qu’on adorait, avec qui on voulait faire des bébés et passer nos vieux jours, main dans la main, yeux dans les yeux, joues ridées contre joues ridées nous quitte ? Qu’on le traite de connard (ou de connasse), comme toutes les personnes du même sexe ? Ok, ça m’est arrivé, comme tout le monde mais quand on n’est pas dans la situation, ce « je ne crois plus en l’amour » me paraît curieux. Je lis la déclaration de ce personnage en plein drame et mon premier réflexe est de soupirer. Pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’en général, les gens qui crient qu’ils ne croient plus en l’amour sont les premiers à lui courir après avec passion (pour ne pas dire désespérément). En gros, elle pleure lundi pour Jacques, elle se consolera mercredi dans les bras de Jean. Quand j’étais ado et étudiante, la spécialiste du genre, c’était Johanne la nymphomane, qui pleurait 10 minutes sur « le grand amour de sa vie que jamais je m’en remettrai » et elle avait même pas le temps de sécher ses larmes qu’elle avait repéré un nouveau mec. Des fois, j’admire un peu cette capacité girouette vu que je déteste être malheureuse à cause d’un mec. Non, je déteste être malheureuse tout court. Mais bon, à force, le discours « bouh, je suis malheureuse j’aimerais plus jamaiiiiiiiiiiiiiis » répété X fois ça saoule. Si, si.
Ensuite « croire en l’amour », quelle idée. Qu’est-ce que l’amour ? Ouais bon, je vais pas me lancer dans des théories philosophiques à deux francs six sous. Ne me remerciez pas, hein, je veux juste éviter de faire des généralités débiles. Non parce que l’amour, dans le genre concept bidon, on fait difficilement mieux. Pour moi, quand je dis je ne crois plus à l ‘amour, ça veut dire au pire du pire « je pense que c’est un domaine dans lequel je n’aurai jamais de chance » mais de l’amour, j’en ai, merci. Et j’en donne aussi. Heureusement qu’on n’a pas de l’amour que quand on est en couple, ce serait d’un pathétique ! Et puis une rupture, c’est quoi ? Un « toi-moi-nous » qui se termine. Pas plus, pas moins. En gros, ça n’a pas marché avec Marc pour X et Y raisons, on les connaît ou pas, là n’est pas la question. Donc parce qu’avec Marc, ça n’a pas marché, ça ne marchera plus jamais avec personne ? Réducteur, non ? Chaque histoire d’amour est unique, sa réussite ou son échec tient à tant de choses, tant internes qu’externes. Déjà, y a le timing amoureux dont j’ai parlé y a X temps. Quand c’est pas le moment, c’est pas le moment, c’est tout. Donc c’est pas forcément notre faute, c’est pas forcément la sienne à ce sale mec que ce sont tous des connards, c’est comme ça. Alors, forcément, on va coller ça sur le dos de l’amour, c’est plus pratique.
Et puis en plus, l’amour, ce vilain pas beau en qui on ne veut plus croire, il est bien utile. Ca n’a pas marché ? La faute à l’amour, bien sûr, ça ne peut pas être la nôtre. Par exemple, la demoiselle dans le roman, elle sort avec un mec qui la demande en mariage au bout de trois jours et lui fait une scène monstrueuse au bout de 4 car elle suggère de récupérer la garde des enfants qu’ils n’ont pas encore. Non mais moi, un mec qui me demande sérieusement en mariage au bout de 3 jours, je me barre ! Le coup de foudre, c’est sympa mais j’y crois pas, comme je l’ai déjà dit et quand bien même, on demande pas quelqu’un en mariage au bout de 3 jours. Donc bon, la nana, elle se jette la tête la première dans une histoire qui pue le fumier à 4 km à la ronde et après elle chouine sur l’amour, hum ! Perso, j’ai un peu trop tendance à sortir avec des mecs qui ont une fille en vue (pas moi) ou qui sortent d’une relation difficile, et forcément, ça peut me jouer des tours. Je râle, je peste mais je m’en prends pas à « l’amour », surtout que le terme est un peu fort, c’est plus de l’affection ou de la tendresse mais pas de l’amour. Souvent en analysant, je vois pourquoi ça n’a pas marché, pourquoi ça ne pouvait pas marcher. Même que des fois, ça peut être de ma faute à moi toute seule. Rarement mais ça arrive (je déconne-euh !)
Enfin, je trouve toujours dommage qu’à cause d’un seul, on punisse tous les autres. Bon, évidemment, on dit toujours ça sous le coup de la colère. Mais laissons un peu le pauvre amour et arrêtons de l’accuser de tous les maux, ça lui fera des vacances
Bon, c’est le printemps et il fait beau, les oiseaux font cui cui, tout ça. Et forcément, les hormones, elles font comme les marmottes, elles ont terminé leur hibernation et sont au top de leur forme. Ca fait pshiiiiiiiiiiiiiit, c’est une horreur. Du coup, tout le monde est beau. Votre voisin, votre épicier, votre facteur et même le caissier du supermarché. Enfin, moi, ce sont toujours des caissières aussi sympa, j’ai même fait remarquer à l’une d’entre elles que y avait les deux clients avant moi qui étaient toujours en train de ranger leurs courses et que ce serait une bonne idée de les laisser finir avant de poursuivre. Mais parle à mon cul, ma tête est malade.
Donc, on évolue dans une espèce de bulle hormonale qui rend tout le monde beau. Et certains plus que d’autres. Et c’est là que ce beau brun aux yeux qui pétillent et au sourire torride vous parle, vous sourit et vous vous liquéfiez sur votre chaise. Je n’ai jamais d’homme aussi beau, je le veux, je l’aime. C’est ce qu’on appelle communément un coup de foudre. Sauf que moi, j’y crois pas.
Des hommes, j’en ai croisé quelques uns dans ma vie. J’en ai aimé quelques uns aussi mais moins. Il m’est arrivée d’être très vite dingue d’un mec. Aujourd’hui, encore, je suis étonnée de la violence et de la puissance des sentiments que j’ai eu pour un de mes exs, Alex. En gros, lui, je l’ai vu, je l’ai voulu (et je l’ai eu, mouahahah). C’est presque un coup de foudre sauf que pas tout à fait puisqu’au début, je le voulais, c’est après que je l’ai aimé. En fait, au vu de la situation, au départ, je n’envisageais rien d’autre qu’un plan sexe mais finalement, me suis prise à mon propre piège. Rassurez-vous, je n’en ressens plus la moindre rancœur, j’ai souffert mais tout est réglé aujourd’hui et Alex est toujours quelqu’un avec qui je parle.
Mais je reste à dire que le coup de foudre n’existe pas. C’est nous qui nous convainquons que nous ressentons quelque chose de très fort mais souvent, l’objet de cet amour furieux et soudain ne nous aurait pas fait autant d’effet à un autre moment. Si je prends mon cas avec Alexandre, ce garçon est incontestablement très séduisant et intéressant et intelligent, aussi donc il est clair qu’à un autre moment, il ne m’aurait pas laissé froide mais il est arrivé à un moment de ma vie amoureuse où ça n’allait pas forcément fort. Je venais de me faire balader pendant près de deux mois par un mec qui me faisait du « je te désire mais j’ai une copine mais reste sage quand même » donc je me sentais un peu une grosse merde. Et là, paf, un mec du genre « jamais je pourrai mettre un mec aussi canon dans mon lit » s’intéresse à moi donc forcément, mon cœur ne sait plus où donner de la tête. Enfin, il ne sait jamais, mon cœur est vraiment la partie la plus stupide de mon corps. Et la phrase précédente la plus conne de ce blog.
Donc ce que je suis en train de dire c’est que le coup de foudre, c’est notre inconscient qui repeint en rose un simple coup de cœur. Il transforme une simple étincelle en feu d’artifice, fait danser la rumba à notre cœur encroûté. Les choses n’arrivent jamais par hasard. On a beau dire qu’on s’y attendait pas, c’est pas vrai. Perso, quand je suis pas disponible sentimentalement, je ne vois aucun autre mec que le mien. Les autres, je m’en fiche, fiche, fiche. Donc, on peut ne pas s’y attendre dans le sens où on passe pas nos nuits sur meetic et consort pour trouver the only one mais il arrive toujours quand notre vie amoureuse est en berne. Soit qu’on est célibataire depuis un bon moment, soit que notre vie de couple ne soit pas des plus exaltantes. Si je prends mon coup de cœur pour mon démon tentateur, c’est un peu ça. La première fois que je l’ai vu, honnêtement, il ne m’a pas fait d’effet. C’est venu un peu plus tard. Sans doute qu’après deux ans de relation avec Guillaume, je m’ennuyais un peu. Mais jamais je ne pourrai dire que j’ai eu un coup de foudre pour Fabien puisque dans les faits, je n’ai pas craqué sur lui dès le premier regard et en plus, je ne l’ai jamais aimé. Juste désiré très fort.
Bref, moi, je crois pas au coup de foudre, juste au coup de cœur. Ce qui n’est déjà pas mal en soi.
Extérieur nuit, dans le métro, deux filles parlent. L’une, c’est moi, l’autre, c’est une copine, Aurélie. Nous parlons relations amoureuse et chais pas quoi. Aurélie est célibataire depuis quelques longs temps.
« Tu comprends, ça fait longtemps que je suis pas sortie avec un mec…
- Ben, normal, t’en rencontres pas.
Aurélie, si elle est célibataire, c’est pas qu’elle soit conne et moche (c’est même pas le cas, en plus), c’est juste qu’elle ne rencontre pas. Parce que mine de rien, c’est pas si facile que ça de trouver un homme.
Bon, en ce moment, je cherche pas parce que j’ai franchement d’autres préoccupations, ce qui me permet d’écrire un article léger sur le sujet, exempt de mes angoisses existentielles. C’te chance ! Bon, alors, redevons sérieuse, où trouver un homme ? Alors j’aurais tendance à dire de suite d’oublier Meetic. Non mais sans déconner, on va pas payer je sais pas combien pour un mec qui va nous amener au resto, nous sauter et partir au petit matin sur la pointe des pieds en nous promettant de nous appeler mais qui n’en fera rien. Mais non, je dis pas que tous les mecs sur meetic sont de fieffés queutards. Juste la majorité. Le net n’est pas forcément un lieu de chasse à négliger même si beaucoup trouvent ça un peu glauque. Et pourquoi donc ? Après tout, on rencontre des gens comme dans la vie, on discute plus facilement qu’in real puis si affinités y a, pourquoi se priver ? Après tout, vous trouvez plus honteux de rencontrer quelqu’un sur un forum de discussion ou un blog car vous partagez les mêmes centres d’intérêt que dans une soirée où vous et votre cible vous retrouvez à parler de choses qui vous passionnent ? Evidemment, sur le net, les rapports sont inversés : on s’intéresse à la prose avant de voir le physique alors que quand on croise quelqu’un en vrai, on le voit avant de l’entendre.
Mais éteignons notre ordi et allons voir dehors. C’est une métaphore, attends au moins la fin de l’article avant d’éteindre ton ordinateur, quand même. Bon, on va éviter les boîtes parce que moi, je trouve ça plus glauque de se débusquer un mec en boîte que sur meetic. Parce que sur meetic, quand le mec vous parle, y a quand même 9 chances sur 10 que le gars soit tout à fait sobre alors que c’est la proportion inverse en boîte. Oui, y a 1 mec sur 10 de sobre, ça s’appelle un « capitaine de soirée ». Non, allons dans la rue, plutôt. L’homme peut être partout mais il est difficile à trouver. Un homme séduisant dans la rue, y en a des caisses, surtout en ce moment. Ou alors, c’est moi qui ai les hormones au plafond, je sais pas. Seulement, un homme séduisant, on ne sait pas ce que ça cache derrière. Un homme bien, c’est pas juste un homme beau, il doit avoir d’autres qualités. Alors que cherchez-vous chez un homme, mesdemoiselles ? Selon les qualités recherchées, resserrons la cible. Pour un sportif, allons faire du footing, du roller, du vélo, de la danse de salon ou de la salsa. Mais on évite la danse classique et la gym. Par contre, la salle de gym, ça, on peut. Seul souci (et de taille à mon sens) : moi, quand je fais du sport, je finis vite rouge, ruisselante de sueur, haletante et complètement décoiffée. Je préfère que l’homme ne me voit comme ça qu’après un folle brouette, voyez. En plus, il n’est pas très conseillé de se maquiller pour faire du sport, à moins de viser un amoureux des pandas.
Si vous aimez les hommes raffinés ou cultivés, la bibliothèque ou le musée paraissent être un bon plan. Oui, j’insiste sur le « paraissent ». Non parce que déjà, dans une bibliothèque, on ne parle pas. Enfin, si, moi, ça m’est arrivé. Quand je suis allée à la BNF en 2002, section recherche, suis allée manger à la cafétéria et j’ai passé le déjeuner à papoter avec un parfait inconnu mais on se draguait pas. Quant au musée, moi, quand je regarde des œuvres, j’ai pas envie qu’on vienne me parler et je suppose que je suis pas la seule. Si je suis avec quelqu’un, on commente à deux mais sinon, on me fout la paix. Bonne alternative : la librairie, ça vous permet de voir un peu ce que monsieur regarde comme livre. Sinon, regardez ce que lit le beau mec, là, dans le métro, c’est aussi une bonne indication. D’ailleurs, je me suis rendue compte que lire des mangas érotiques à couverture jaune fluo dans le métro, c’est pas forcément une bonne idée…
Quid des autres lieux ? Le boulot ? Le supermarché ? Le hall de l’immeuble ? La gare ? Tout ça et tout ça ? Ben, en fait, tout est bon et rien ne l’est en même temps. Perso, au supermarché, je vois personne et de toute façon, si je sors juste aller faire des courses, je suis affreuse, genre pas maquillée, à peine peignée, mal habillée… Quand j’ai commencé à parler avec Guillaume IV, nous savions que nous vivions dans la même ville, quasi dans la même rue et il me fait : « ahah, s’il le faut,on s’est croisés à la supérette ! » « J’espère pas », ai-je pensé. Mais non, en un an et demi, on s’était jamais croisé, l’honneur fut sauf ! Alors que la Finlandaise de vendredi, elle, elle m’a déjà vue et reconnue. Contrairement au recruteur de mercredi, je viens de percuter qu’on s’était déjà vus et même parlé, je suis dégoûtée de pas avoir percuté sur le coup. Mais revenons-en à nos moutons. Donc à priori, on peut draguer partout mais en fait, la personne sera-t-elle disponible ? Tout est souvent question de circonstances : si la personne est de bonne humeur, ça sera plus facile, sinon…
Alors où trouver un homme bien ? Ben réponse : partout idéalement mais dans les faits, c’est bien difficile de rentrer dans son espace et de lui faire part de notre existence. Dans un prochain billet, je parlerai de la drague au boulot (ce qui ne m’est jamais arrivé mais je ferai semblant de savoir de quoi je parle) et du pourquoi il faut toujours être jolie quand on sort MEME au supermarché.
Ohlala, le vilain titre racoleur mais honte à moi ! En fait, je poursuis ici ma série « Nina mate les gens, l’air de rien ». Aujourd’hui, je fais pas la voyeuse sur le net mais dans la vraie vie. Oui parce que j’ai pas l’air mais des fois, je sors de chez moi. Il y a quelques temps, sur ce blog, je ne sais plus qui avait parlé en commentaire des célibataires qui matent les couples. Bon du coup, au lieu de me planquer derrière mon livre, j’ai observé.
Samedi, début décembre, journée de dingue : réunion à Bastille à 10h, déjeuner à Montparnasse à 13h et interview à 15h Place d’Italie. Donc, comme je n’ai d’autres moyens de transports que la RATP, j’ai bien rentabilisé ma carte orange ! En cheminant, je commence à regarder distraitement les gens et là, je tombe sur un tableau touchant. Sur une banquette : un couple. Ils ne se roulent pas des galoches indécentes, ils sont juste assis l’un à côté de l’autre, le garçon a la tête posée sur l’épaule de la fille qui repose sa propre tête sur celle de son compagnon (vous avez compris). Ils ferment les yeux. On sent qu’ils sont heureux, tout simplement, seuls dans leur bulle. C’est tellement beau que y a même pas de quoi être jalouse. Dans un trajet suivant, j’en vois deux qui discutent gentiment, se tripotant les doigts sur la barre centrale (quel duo de cochons !).
J’aime observer ces couples, qu’ils soient déjà ensemble ou en phase d’approche, comme mon amie pas douée. Des couples, y en a partout (mais des célibataires aussi, faut pas complexer !) et y a vraiment de tout. En général, plus les couples sont exhibitionnistes (genre on prend un cours de roulage de pelle en direct option tripotage lingual des amygdales), plus j’ai des doutes sur leurs sentiments profonds. C’est comme les gens qui à force de vous hurler que tout va bien, on finit par les soupçonner de dépression (enfin, moi, je fais ça en tout cas). Donc les couples qui ont tendance à se grimper dessus en public sont :
- soit il n’y a que le cul entre eux et meublent le fait qu’ils n’ont rien à dire par des pirouettes linguistiques
- soit ils sont en fin mais n’osent pas l’avouer et veulent surtout pas que ça se sache.
A moins qu’ils ne se vengent des mois de frustration à subir les couples en roulage de pelles dans le métro et en font autant à leur tour. J’avoue dans ma grande honte avoir embrassé Alex à perdre haleine dans le métro à l’époque (mais je roule pas de pelles en public, moi). Mais c’est hallucinant comme chaque couple peut offrir une situation différente.
Le mieux, c’est quand on sent la situation tendue (oui, je suis garce, là). Genre les couples adultérins en pleine crise. Une fois, comme ça, j’étais debout, à côté d’un couple quinqua vire sexagénaire assis sur les strapontins à côté de moi. Alors que je lisais, une phrase accroche mon oreille (la coquine) : « oui mais à notre âge, il faut vivre sans se poser de questions » (en gros). Hou que ça sent le couple adultérin, ça, monsieur cèdera-t-il ? Bon, ils sont descendus avant moi alors j’ai pas su. Mais je me souviens d’une fois où, avec Gauthier, on était allés au Flore (ohé, ça va, c’était en 2000, nous étions officiellement touristes) et les deux couples à côté de nous nous offraient un festival : un se séparait, l’autre (quinqua aussi) était clairement adultérin et ils commençaient à se grimper dessus, sympaaaaaaaaaaa. J’aime bien les couples qui s’engueulent de façon mesurée genre on est en public donc on évite les éclats mais les réponses sèches fusent telles des missiles. C’est pas tant le côté dispute qui me plaît mais cette sensation de pénétrer l’intimité du couple, d’être un peu la mouche dans le salon.
Moi, ce que j’aime le plus, ce sont les couples sereins comme les deux qui se dormaient dessus, j’aurais eu mon appareil (commandé sur ebay, ça y est, j’ai franchi le pas), je les aurais pris en photo. Parce qu’ils étaient aussi beaux que les amoureux de Doisneau (qui étaient de vrais amoureux mais prenaient effectivement la pause). C’est beau l’amour comme c’est simple, comme ça. On imagine le couple installé qui a tout de même passé une nuit torride… Splendide ! Et puis ils n’ont pas besoin de prouver leur amour à qui que ce soit, à marquer leur territoire de façon ostensible. De toute façon, dans cette rame, ce matin-là, ils n’étaient que deux.
L’autre jour, sur MSN, on en parlait avec Tatiana car on a un sacré don pour craquer sur des mecs maqués (sans le faire exprès, hein !). Si je résume mes 8 premiers mois de 2006, j’ai craqué sur Bastien (scorpion et maqué) puis Alex (scorpion et maqué mais il l’était plus quand il est sorti avec moi, je vous rassure) puis le mec du nouvel Obs (scorpion et maqué, ma vie est un fantastique recommencement). Mais je ne suis pas une joyeuse briseuse de ménage, pas du tout. Il y a des filles (et des mecs) chez qui c’est pathologique de courir après l’homme en couple, sans doute pour se convaincre qu’on est mieux que les autres, qu’aucun mec ne nous résiste, y compris les non-célibataires.
Mais il arrive que, dans la vie, on croise la route de l’Homme parfait (enfin, du moins, au premier abord, difficile de voir les défauts quand on est éblouie) qui n’a pour seul défaut qu’une greluche ou Poufia (© Tatiana). C’est souvent la même scène : je souris de toutes mes dents, mes yeux étincellent de toutes leur jolies étoiles quand survient la phrase terrible : « ouais et alors ma copine… ». Ah tiens, j’ai l’impression d’avoir perdu toutes les dents dans l’opération… Donc, là, deux choses peuvent se passer : raisonnable, vous faites une croix sur monsieur. Sauf que, 2e chose, raison et amour, ça va pas de pair et vous vous dites « eeeeeeeeet merde ! Mais bon, il va bien finir par la plaquer sa greluche et il sera à moi ». Ok, moi, je choisis souvent, à tort, la 2 attitude. Je me souviens, quand je suis arrivée sur Paris, je craquais totalement sur un mec en couple et j’étais persuadée qu’il allait forcément la plaquer (accessoirement pour moi). Bon, là, ils ont emménagé ensemble cet été, il semblerait que je me sois plantée. Mais bon, c’est de ma faute aussi si y a des nanas qui ont les mêmes goûts que moi et qui sont arrivées en premier ? Non ! Je tiens à souligner quand même que quand je craque sur un mec en couple, je lui manifeste (ou non) mon intérêt mais jamais je ne lui sauterais dessus. Je préfère attendre une hypothétique rupture, c’est mieux pour tout le monde, y compris ma conscience.
Parfois, Homme Maqué a oublié qu’il était fidèle et là, bingo, on partage de doux moments sensuels et sexuels avec lui. O bonheur et joie, il nous appartient enfin. Ah non, il ne nous appartient qu’à moitié, il y a Poufia aussi (oui, il faut partir du principe que l’Autre est une conne, ça diminue un peu la culpabilité. Et, tant qu’à faire, ne jamais, jamais rien savoir sur elle sinon elle devient une personne réelle et là, on se rend compte qu’elle a l’air potentiellement sympa et bon…). Et en plus, nous ne sommes pas la légitime mais la compagne cachée. Ce qui veut dire qu’on passera toujours en second, même si on a droit des je t’aime soufflés dans l’oreille aux petites heures de l’après-midi (car la nuit, il est avec elle). Parce que, mine de rien, si monsieur ne quitte pas sa moitié dès le début de la relation, il ne faut pas y compter par la suite. J’avais lu sur un forum qu’environ 5% des hommes quittent leur femme pour leur maîtresse, c’est peu. Perso, mais je ne parle pas d’expérience, je pense qu’une fois que la routine s’est installée, dur de convaincre Homme Maqué que trois, c’est pas l’idéal. Et là, c’est le cercle vicieux. Etre maîtresse, ça veut dire ne rien faire avec Homme Maqué en public. Au resto à deux ? Ok, mais à l’intérieur et loin de son quartier et de ceux que fréquentent sa femme. Un week-end ? Non mais tu rêves ! Une folle nuit d’amour ? Avec de la chance, Poufia sera pas là pendant quelques jours et faudra voir. Cet été, j’ai failli occuper le rôle de la maîtresse mais finalement, on s’est arrêtés à des bisous poussés (bon, je me suis quand même retrouvée en string mais y a pas eu de touche pipi) et on avait prévu de passer un week-end ensemble. Bonjour l’organisation : « bon, alors, je préfère que ce soit chez toi parce que si elle trouve tes cheveux, ça va pas le faire. Mais elle risque d’appeler tard et j’ai pas le renvoi d’appel… ». Bon, on a tué le romantisme, là. Mais c’est vrai que la demoiselle était brune avec un carré court et moi, châtain clair aux cheveux longs : elle aurait trouvé un peu de ma chevelure, elle aurait compris de suite que ça ne lui appartenait pas. Et de toute façon, il était hors de question que je fasse quoi que ce soit dans leur lit… Y a vraiment des limites à tout.
Là, j’entends déjà des voix s’élever (même si je ne suis pas Jeanne D’Arc) : « non mais attends, tu étais parfaitement au courant de la situation. Déjà, t’es une salope, tu couches avec le mec d’une autre alors viens pas te plaindre, tu l’as bien cherché ! ». Ouch, dans ma face. La critique est aisée, surtout dans ce cas. Sauf que, depuis que je suis sur Paris, j’ai rencontré plusieurs filles qui se retrouvaient maîtresse et qui n’avaient rien d’une salope briseuse de ménage, mais alors rien du tout. Elles sont juste tombées amoureuses du mauvais cheval, si j’ose dire, et sont les premières à en souffrir. Parce que, dans l’histoire, on peut faire une liste de coupables : Homme Maqué infidèle, maîtresse garce, à la limite Poufia qui ne sait pas contenter son homme (mais bon, là, on pousse mémé dans les orties). Sauf que si on pouvait choisir de qui on tombe amoureux, ça se saurait. Bien sûr, je ne dis pas que l’infidélité c’est bien (ou mal d’ailleurs) et la première qui s’approche de mon mec, je la décalque. Seulement, avant de condamner, essayons de comprendre, au lieu de juger.







